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29 septembre 2011

Valence 1-1 Chelsea : Chelsea laisse filer son avantage

Un match ouvert qui se termine sur un partage des points.

Unai Emery utilise le même XI que face au Barça, ayant fait tourner entre-temps, mais change de gardien : Diego Alves prend le poste.

Andre Villas-Boas vient avec son habituel 4-3-3 : Florent Malouda commence côté gauche, Juan Mata passe à droite, et Frank Lampard retrouve sa place au milieu.

Un match assez équilibré, Valence dominant la possession, mais Chelsea ayant les meilleurs occasions. Emery a pris un petit ascendant tactique en 1ère mi-temps, mais le nul reflète bien la nature de la confrontation.

Première mi-temps

Un début de match fébrile de Valence donne l'impression que Chelsea va rapidement dominer le match, mais après environ 10 minutes, Valence se stabilise et commence à faire joliment circuler la balle.

Les Espagnols prennent le meilleur pendant ce début de match, ils dominent la possession et trouvent intelligemment des espaces entre les lignes, construisant quelques bons mouvements. Chelsea restant attentiste dans sa moitié de terrain sans presser les défenseurs adverses, c'est surtout la nature de la formation des anglais qui est responsable de la présence de ces intervalles.

Les circuits offensifs de Valence

Les Valenciens ont deux approches dominantes. La première est similaire à celle utilisée contre le Barça : ils travaillent côté gauche, utilisant le tandem Jordi Alba - Jeremy Mathieu pour étirer Chelsea. Mata, étonnament placé sur la droite, joue un peu trop dans l'axe et ne suit pas Alba dans ses montées. En résultat, Jose Bosingwa se fait submerger, et on notera l'intelligence des mouvements de Mathieu, venant vers l'intérieur pour y attirer Bosingwa,et ouvrant ainsi l'espace pour les montées d'Alba.

La seconde met en scène Pablo Hernandez. Alors que les deux milieux s'opposent à 3 contre 3 et que des duels récurrents apparaissent clairement, Hernandez profite  de la position haute de Frank Lampard (le plus offensif des milieux de Chelsea) pour venir à l'intérieur et agir en gros comme un second "numéro 10", aux côtés de Canales, qui est lui bien surveillé par Jon Obi Mikel. Ashley Cole refuse de trop sortir de sa zone, et les lignes de Chelsea se retrouvent soudainement trouées, en particulier quand Mikel se fait attirer sur le côté droit (en partie à cause du travail de la paire Alba-Mathieu citée précédemment).

Chelsea avait bien commencé mais joue de plus en plus défensivement. Ils placent leurs latéraux relativement haut, Mikel descendant parfois dans la défense. Malouda reste écarté, Mata vient vers l'intérieur, les meilleurs moments pour Chelsea viennent en fait des incursions axiales de Ramires. Il est étrange queVillas-Boas ait placé Mata sur la droite, surtout considérant la bonne tenue du côté gauche Valencien qui a été aperçu contre Barcelone.

Deuxième mi-temps

Assez rapidement après la pause, Mata et Malouda échangent leurs ailes. C'est un moment clé du match : Mata est plus à l'aise à gauche, plus impliqué défensivement, et toujours capable de venir dans l'axe pour influencer le jeu au milieu. Chelsea joue de manière beaucoup plus positive, et est beaucoup plus efficace dans le dernier tiers adverse, se procurant de nombreuses occasions. Malouda créé le but depuis sa nouvelle piosition côté droit en prenant assez simplement Alba sur l'extérieur.

Le match devient aussi plus ouvert en ce début de second acte, le trio du milieu Valencien permute de plus en plus pour perturber Chelsea. C'est Emery qui veut la victoire sur ce match, mais il aurait eu intérêt à conserver plus longtemps le statu quo de la 1ère mi temps : Chelsea profite mieux de l'ouverture du jeu.

Enery a fait trois changements offensifs, et les meilleurs opportinutés viennent de balles simples jouées au dessus de la défense : comme on a pue le constater depuis le début de la saison, Villas-Boas veut que son équipe joue haut sur le terrain, mais les défenseurs centraux semblent souffrir de leur manque de vitesse pour se retourner et sprinter face à des attaquants lancés. Valence se procure ainsi 4 occasions.

L'influence du nouveau manager est évidente dans la volonté de Chelsea de contrôler le tempo du match en gardant la balle, mais des erreurs techniques montrent que l'équipe n'est pas encore accoutumée à ce type de football. Valence gagne la balle au milieu et construit de rapides attaques sur les côtés, avec Pablo Piatti (sur le flanc gauche) comme importante source de créativité. Sofiane Feghouli a aussi un impact en remplaçant Hernandez : il travaille sur les deux flancs pour créer des dédoublements. Au vu du match, leur but n'est pas immerité, mais les Espagnols avaient (littéralement) besoin d'un coup de main : ils ont vraiment du mal à marquer dans le jeu.

Villas-Boas semble ne pas trop savoir comment utiliser son banc sur ce match, et ses changements n'ont pas aidé à verrouiller le match. Kalou entrant pour Lampard (indépendamment de la main) ressemble difficillement à un changement pour bloquer Valence : Malouda se place alors au centre et des espaces supplémentaires se créent pour Valence. Le jeune Oriol Romeu, un milieu défensif qui peut garder la balle et briser le rythme du jeu, semble être une option plus logique.

Conclusion

Un match avec diverses phases. Chelsea domine le début de chaque mi-temps, mais Valence semble supérieur penedant le reste du match : leur jeu de passe est plus rapide, bien qu'il leur manque le dernier geste.

L'action des entraineurs en 2ème mi-temps a influencé le résultat : Emery a poussé son équipe à attaquer et l'a alors exposée aux contres de Chelsea , mais les remplacements de Villas-Boas n'ont pas résolu les faiblesses défensives de Chelsea, et la ligne de défense continuellement haut pose problème.

26 septembre 2011

Mihajlovic réussit à désorganiser le Napoli

Un aspect interessant du match nul 0-0 du Napoli face à la Fiorentina ce week-end est le fait d'y voir une défense à 3 affrontant une attaque à 3. Sinisa Mihajlovic souhaite en effet exploiter la faiblesse du Napoli sur les côtés.

Un match de début de saison l'an dernier entre ces deux équipes avait été très interessant tactiquement, car Walter Mazzari avait utilisé un système assymétrique face au 4-2-3-1 de la Fiorentina, Campagnaro montant face à Vargas en situation offensive, et laissant Maggio en charge du péruvien quand le ballon était florentin.

La Fiorentina joue désormais 4-3-3, et c'est sur l'autre flanc que l'attention se porte. Alessio Cerci reste haut et large sur le côté droit, parfois redescendant défendre sur Andrea Dossena, mais toujours en se plaçant dans une position permettant de partir rapidement en contre. Sa présence a l'effet important d'excentrer le nouveau défenseur du Napoli, Fideleff. Ce dernier a fait une erreur en milieu de semaine et parait nerveux sur ce match.

Le point important de ce match n'est pas le score final, ni même la domination d'une équipe ou d'une autre : c'est surtout la manière dont la formation de Naples a été distendue au point de se désintégrer, une chose que peu d'entraineurs ont réussi à faire au cours de l'année passée. Un facteur important dans cette désorganisation – bien que ce ne soit pas le seul – est le fait d'affronter une attaque à 3 utilisant toute la largeur, chose assez rare en Série A.

Fideleff est dans un état tel que Napoli a peur de le laisser en 1 vs 1 face à Cerci, qui a fait un très bon match, démontrant ses qualités de dribbleur et sa vitesse. En conséquence, Dossena doit souvent revenir au marquage de Cerci. Vargas jouant plus bas sur l'autre aile et suivant les mouvements de Juan Zuniga, le Napoli se retouve à 4 vs 2 (Campagnaro, Cannavaro, Fideleff etDossan vs Cerci et Jovetic). Campagnaro pourrait alors monter un peu plus pour réequilibrer la répartition des joueurs sur le terrain, mais les bons déplacements de Stevan Jovetic le font hésiter à quitter la défense.

Tout ceci se produit dans un match de contre-attaques, où la bataille du milieu (donc le nombre de joueurs qui y sont engagés) n'est donc pas déterminante. La Fiorentina profite d'un 3 vs 2 dans cette zone, Marek Hamsik restant assez large, et a dominé la possession de balle en 1ère période. Naples accepte cet état de fait, prêt à contrer, mais rencontre 2 problèmes : (a) La Fiorentina occupe bien le centre du terrain, rendant difficile les remontées de balle par l'axe (b) Les latéraux du Napoli n'ont pas de liberté – Dossena est toujours inquieté par Cerci, et Vargas traque Zuniga – bien que le Colombien réussisse un bon match.

Mazzarri fait deux changements pour mettre le Napoli au commandes. Fideleff ne dure que jusqu'à là 54ème minute remplacé alors par Salvatore Aronica, défenseur côté gauche experimenté qui est efficace dans ce rôle. C'est une illustration de la menace représentée par Cerci. Le remplacement suivant, à la 72ème, est l'aveu de la faillit du système des Napolitains. Goran Pandev remplace Dossena, Aronica se retrouve arrière-gauche, Zuniga arrière-droite et Napoli se retrouve alors en 4-2-3-1 / 4-2-4.

Défensivement, cela répond bien plus facilement au 4-3-3 de la Fiorentina, et le Napoli domine les 25 dernières minutes. Cerci devient peu dangereux et la Fiorentina ne semble plus capable de marquer. Le seul problème est que Zuniga, peut-être le meilleur joueur du Napoli sur ce match, a alors moins de liberté pour monter et apporter de la largeur au jeu. Naples est terriblement de ses latéraux pour écarter le jeu et créer des dédoublements – sans eux, l'équipe semble impuissante.

Pour résumer, Mazzarri fait face à un dilemme sur ce match. Jouer avec le système qui correspond le mieux aux qualités de ses joueurs, ou jouer avec le système qui est le plus logique sur ce match? En général il se débrouille en déplaçant subtilement des joueurs tout en gardant son 3-4-1-2 de base, mais cette fois il a dû passer à une défense à 4. Mihajlovic n'a certes pas remporté le match, mais il a gagné la bataille tactique, d'où son appréciation finalement très postive de la prestation de ces joueurs.