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2 décembre 2011

Marseille 3-0 PSG : Marseille se régale sur le côté droit


Le PSG perd la tête de la L1 après une lourde défaite dans le "classique" du championnat.

Didier Deschamps choisit un 4-2-3-1 sans Mathieu Valbuena, mais avec Lucho Gonzalez qui démarre en soutien direct de Loic Rémy.

Antoine Kombouare utilise Momo Sissoko assez bas, et préfère Christophe Jallet à Ceara sur la droite, son équipe se présentant aussi en 4-2-3-1.

Comment analyser un match où Marseille a été simplement meilleur dans tous les compartiments? Ils ont pris l'avantage rapidement, on eut le contrôle du match la plupart du temps, et se sont même baladés sur la fin.


Bataille au milieu

Dans ce match physique, les deux équipes semblent fortes et solides au milieu. Stephane Mbia et Alou Diarra restent proches l'un de l'autre et ferment rapidement la porte (parfois avec agressivité) à Javier Pastore, qui a fait un mauvais match. Côté PSG, Momo Sissoko joue plus bas que Blaise Matuidi, et prive Lucho Gonzalez de ballons. Le rapport de force au milieu est de 4:2 en faveur des destructeurs, et les créateurs ont peu de liberté.

Pastore, en particulier, est vraiment décevant. Son taux de passes réussies est anormalement bas, 48% – il tente souvent des passes difficiles sur un des 3 joueurs devant lui, mais a fréquemment mal réalisé le geste. Gonzalez ne fait guère mieux, mais réussit quand même à trouver des espaces en profitant des montées des milieux parisiens. Son taux de passes réussies est meilleur, 68%. Le tableau d'affichage traduit le fait qu'il a pu trouver des passes simples pour calmer le jeu, alors que Pastore a cherché systématiquement l'attaque directe : cette différence réside en grande partie dans la nature même des deux joueurs.

Les zones latérales

Puisque rien ne peut arriver dans l'axe, la créativité et les buts viennent par les côtés. Les deux paires de joueurs latéraux ont joué des rôles différents. Les Parisiens vont vers le centre en tentent d'organiser leurs attaques par le biais de Pastore, même si Jérémy Menez écarte pour proposer une solution à Jérémy Morel, et se montre plus impliqué que Nene.

Les ailiers Marseillais ont une rôle plus traditionnelle, mais leur mouvement clé n'est pas offensif : c'est leur discipline défensive qui est remarquable. Les joueurs de flanc de l'OM sont bien plus concentrés et agressifs sans le ballon, alors que Nene et Menez ne défendent pas, ou se trouvent dans des positions axiales depuis lesquelles ils ne peuvent pas revenir rapidement sur les latéraux adverses. Ce point s'avère crucial quand Cesar Azpilicueta peut tranquillement monter en centrer en direction de Rémy, donnant l'avantage à Marseille.

Marseille passe à droite

L'activité et la volonté offensive du flanc droit marseillais est un élément majeur du match. Azpilicueta monte à nouveau en seconde période et procure une belle occasion à Gonzalez, tandis que devant lui, Amalfitano devient un joueur clé du match après un début timide, marquant le second but après un très bon pressing au milieu (encore une chose qu'ils ont mieux réalisé que le PSG), et créant le dernier but grâce à un bon centre repris par André Ayew.

Le PSG n'a ni mouvement sur les ailes ni largeur naturelle que procurerait la disposition des joueurs – Pastore est simplement dépassé par ses gardes du corps et n'appelle pas suffisament la balle sur les ailes. On peut lui reprocher de trop jouer dans la verticalité.

Kombouaré tente de changer le cours du match en sortant Gameiro et Pastore pour Mathieu Bodmer et Mevlut Erding, mais le plan de jeu de l'équipe ne change pas. Elle a une large possession du ballon en 2ème mi-temps mais ne parvient pas à se créer d'occasions : le total final de zéro tirs cadrés résume bien le problème.

Conclusion

Marseille s'est montré particulièrement dominant sur la droite et ses latéraux ont dépassé les ailiers du PSG pour créer des dédoublements. Le duo allitératif Azpilicueta-Amalfitano a très bien combiné, et ils ont été capables de compenser le manque de créativité dans l'axe en écartant le jeu, alors que le PSG s'entêtait dans les embouteillages.

Paris a montré un affreux visage : une équipe coupée en deux sans lien entre les 6 de derrière et les 4 de devant, ce qui signifie qu'ils défendaient et attaquaient avec peu de joueurs. Il est rare de voir un 4-2-3-1 réussi avec un meneur de jeu très libre et deux ailiers qui ne défendent pas trop : le PSG pourrait être champion grâce à des éclairs de ses individualités, mais cela arrivera malgré leur système, et non grâce à lui.

14 novembre 2011

Turquie 0-3 Croatie : Bilic montre comment jouer en 4-4-2 face à un 4-3-3

Une superbe prestation des Croates qui les met dans une position très favorable avant le match retour de mardi.

Guus Hiddink choisit un 4-3-3, avec l'arrivée Giray Kacar derrière. Kazim Kazim étant blessé, Burak Yilmaz reste avant-centre, soutenu par Arda Turan et Hamit Altintop.

Slaven Bilic utilise lui un 4-4-2, avec Mario Mandzukic et Ivica Olic en pointe. Luka Modric est au milieu et Ivan Rakitic déplacé sur la gauche, Vedran Corluka est aligné latéral gauche pour laisser Domagoj Vida à droite.

Croatia a pris l'avantage dés la 2ème minute et a toujours eu le contrôle du match, bouclant le match (et probablement le barrage lui-même) grâce à un 3ème but de Corluka à la 50ème.

Formation

Le match est une opposition de systèmes, un affrontement classique entre un 4-3-3 et un 4-4-2. Bien que la formation ne dicte pas totalement le style de jeu d'une équipe, il est clair que certaines formations sont mieux adaptées à certains approches du jeu (et vice et versa). La différence entre un 4-4-2 et un 4-5-1 / 4-3-3 est joliment resumée par Sir Alex Ferguson :

“L'idée derrière le 4-5-1 est que l'on peut contrôler le milieu et garder la possession du ballon – c'est toujours le but recherché quand on utilise cette formation. Je crois que l'équipe qui a la possession a plus de chances de remporter le match. Avec le 4-4-2, l'accent est plutôt mis sur la volonté de porter la balle à l'avant, et on utilise alors souvent deux ailiers traditionnels.”

Ce match est un parfait cas d'étude : le 4-3-3 domine la possession (70% contre 30%) mais 4-4-2 est plus direct et créé plus d'opportunités (13 tirs, 9 cadrés, 3 buts contre 2, 0, 0 pour les turcs) selon les statistiques publiées par l'UEFA.

La tactique Croate


Comment la Croatie réussit cela? Pendant les 5 premières minutes, ils exercent un fort pressing offensif,  Olic et Mandzukic travaillant tout deux sans ménagement pour faire reculer les défenseurs centraux et le plus défensifs des milieux turcs, Selcuk Inan. Mandzukic recule souvent défendre sur Inan pour le priver de ballons, et une fois celui-ci gagné par l'équipe, il sprinte pour rejoindre Olic tandis qu'Inan est plutôt attiré par le ballon.

Le but précoce est crucial, il force la Turquie à attaquer et à laisser des espaces pour les contres croates. Ces derniers sont très rapides, et viennent généralement des ailes : la Croatie laisse un joueur devant la défense, en général Tomislav Dujmovic, mais le reste de l'équipe part rapidement en contre. Rakitic et Darijo Srna sont alors les joueurs clés, capables de demander la balle dans l'espace et de déborder les latéraux adverses – ces derniers ayant tout deux réalisé une prestation faible.

Deux lignes de quatre


La Croatie domine les 10 premières minutess, mais par la suite la Turquie commence à tirer parti de son avantage numérique au milieu, et profite du jeu de passe défaillant des visiteurs. Olic et Mandzukic stoppent le pressing pour se concentrer sur Inan, rendant difficile la sortie de balle turque basée sur ce dernier, et posant à ce dernier des problèmes identiques pour porter la balle à l'avant.

Défensivement, la Croatie ne fait rien d'exceptionnel, se contentant d'attendre assez bas avec deux lignes de quatre. La Turquie réagit intélligemment, avec patience et logique dans les passes : d'abord amener les milieux latéraux Croates vers l'axe pour qu'ils résorbent le 3 vs 2, puis profiter de l'espace créé pour que les latéraux y débordent.

Mais les Turcs manquent de pénétration, et leur milieu montre peu de créativité. La Croatie semble souvent laisser trop d'espace entre milieu et défense, mais c'est lié au fait que la Turquie n'amène aucun joueur dans cette zone. Altintop, peut-être, aurait pu venir vers l'axe pour jouer ce rôle, mais le plus souvent c'était Yilmaz qui descendait pour y proposer une solution, ce qui en résultat donne une Turquie jouant devant les lignes croates, plutôt que de les transpercer.

Srna à l'attaque
Srna comment très mal son match, mais le termine en étant un joueur clé depuis son flanc droit. Il est le plus efficace de l'équipe dans la transformation du jeu de la défense vers l'attaque, grâce à ses courses, et fait preuve de beaucoup de malice pour gagner des coup-francs... qu'il tire avec une grande précision. C'est lui qui centre pour le 2ème but signé Mandzukic, et encore lui qui obtient et tire le coup-franc pour la tête de Corluka en début de 2ème mi-temps.

Bilic mérite des félicitations pour avoir placé Srna à ce poste et avoir fait confiance à l'inexpérimenté Vida derrière lui : d'autres auraient placé Srna à son poste favori d'arrière droit, mais il y aurait perdu de son impact offensif.

Remplacements

Le match chance quelque peu après la mi-temps. Hiddink fait entrer l'ailier Gokhan Tore côté droit, sortant le décevant Gokhan Gonul, dontle duel perdu face à Corluka sur le premier but est peut-être le facteur clé du match. Altintop descend sur une position plus axiale, et Sabri Sarioglu faisant son retour en tant qu'arrière droit.

Plus tard, il fait entrer Mehmet Topal à la place d'Inan pour que le ballon circule plus vite au milieu, et Umut Bulut remplace Yilmaz pour que le jeu soit plus direct à l'avant, mais les Turcs ne se procurent pas d'occasions.

Bilic introduit Danijel Pranjic pour Rakitic pour renforcer la défense, puis remplace les deux attaquants pour cause de fatigue, mais tous les remplacements ont lieu après la 80ème : il est clair qu'il voulait éviter les modifications.

Conclusion

Bilic sait combien sa tactique a fonctionné. “Nous méritions de gagner par une marge plus grande encore” dit-il. “Ca a été fantastique. Je veux féliciter tous mes joueurs : ils ont joué le match entier sans commettre la moindre erreur. Ca a été vraiment parfait.” “La Turquie n'a pas eu une seule occasion, ce qui est assez remarquable sachant qu'ils étaient à domicile” ajoute Olic.


Hiddink prend la responsabilité de la défaite. “Je suis responsable du résultat. Les joueurs doivent exécuter leur travail correctement, mais je suis responsable…comment on est mené dés le départ, mal organisé et mis en danger très facilement, ça ne peut être qu'un match très dur. On leur a donné l'opportunité de deux contres-attaques, ce qui nous a tué.”

Bilic a montré comment jouer en 4-4-2 à l'extérieur : il a demandé à ses joueurs de rester bas, puis de contrer rapidement en utilisant les ailes, et a porté son attention sur le milieu supplémentaire des Turcs, Inan, chargeant ses attaquants de redescendre sur lui pour le bloquer. L'activité des deux de devant, les pénétrations de Srna et la discipline de Dujmovic ont été déterminants.

La Turquie est quand même passée à côté de son sujet : tant de possession et pas l'ombre d'une occasion... le manque de créativité et d'initiative des milieux axiaux est ahurissant, et le match retour de mardi sera sûrement le dernier de Guus Hiddink en tant que sélectionneur.

29 septembre 2011

Valence 1-1 Chelsea : Chelsea laisse filer son avantage

Un match ouvert qui se termine sur un partage des points.

Unai Emery utilise le même XI que face au Barça, ayant fait tourner entre-temps, mais change de gardien : Diego Alves prend le poste.

Andre Villas-Boas vient avec son habituel 4-3-3 : Florent Malouda commence côté gauche, Juan Mata passe à droite, et Frank Lampard retrouve sa place au milieu.

Un match assez équilibré, Valence dominant la possession, mais Chelsea ayant les meilleurs occasions. Emery a pris un petit ascendant tactique en 1ère mi-temps, mais le nul reflète bien la nature de la confrontation.

Première mi-temps

Un début de match fébrile de Valence donne l'impression que Chelsea va rapidement dominer le match, mais après environ 10 minutes, Valence se stabilise et commence à faire joliment circuler la balle.

Les Espagnols prennent le meilleur pendant ce début de match, ils dominent la possession et trouvent intelligemment des espaces entre les lignes, construisant quelques bons mouvements. Chelsea restant attentiste dans sa moitié de terrain sans presser les défenseurs adverses, c'est surtout la nature de la formation des anglais qui est responsable de la présence de ces intervalles.

Les circuits offensifs de Valence

Les Valenciens ont deux approches dominantes. La première est similaire à celle utilisée contre le Barça : ils travaillent côté gauche, utilisant le tandem Jordi Alba - Jeremy Mathieu pour étirer Chelsea. Mata, étonnament placé sur la droite, joue un peu trop dans l'axe et ne suit pas Alba dans ses montées. En résultat, Jose Bosingwa se fait submerger, et on notera l'intelligence des mouvements de Mathieu, venant vers l'intérieur pour y attirer Bosingwa,et ouvrant ainsi l'espace pour les montées d'Alba.

La seconde met en scène Pablo Hernandez. Alors que les deux milieux s'opposent à 3 contre 3 et que des duels récurrents apparaissent clairement, Hernandez profite  de la position haute de Frank Lampard (le plus offensif des milieux de Chelsea) pour venir à l'intérieur et agir en gros comme un second "numéro 10", aux côtés de Canales, qui est lui bien surveillé par Jon Obi Mikel. Ashley Cole refuse de trop sortir de sa zone, et les lignes de Chelsea se retrouvent soudainement trouées, en particulier quand Mikel se fait attirer sur le côté droit (en partie à cause du travail de la paire Alba-Mathieu citée précédemment).

Chelsea avait bien commencé mais joue de plus en plus défensivement. Ils placent leurs latéraux relativement haut, Mikel descendant parfois dans la défense. Malouda reste écarté, Mata vient vers l'intérieur, les meilleurs moments pour Chelsea viennent en fait des incursions axiales de Ramires. Il est étrange queVillas-Boas ait placé Mata sur la droite, surtout considérant la bonne tenue du côté gauche Valencien qui a été aperçu contre Barcelone.

Deuxième mi-temps

Assez rapidement après la pause, Mata et Malouda échangent leurs ailes. C'est un moment clé du match : Mata est plus à l'aise à gauche, plus impliqué défensivement, et toujours capable de venir dans l'axe pour influencer le jeu au milieu. Chelsea joue de manière beaucoup plus positive, et est beaucoup plus efficace dans le dernier tiers adverse, se procurant de nombreuses occasions. Malouda créé le but depuis sa nouvelle piosition côté droit en prenant assez simplement Alba sur l'extérieur.

Le match devient aussi plus ouvert en ce début de second acte, le trio du milieu Valencien permute de plus en plus pour perturber Chelsea. C'est Emery qui veut la victoire sur ce match, mais il aurait eu intérêt à conserver plus longtemps le statu quo de la 1ère mi temps : Chelsea profite mieux de l'ouverture du jeu.

Enery a fait trois changements offensifs, et les meilleurs opportinutés viennent de balles simples jouées au dessus de la défense : comme on a pue le constater depuis le début de la saison, Villas-Boas veut que son équipe joue haut sur le terrain, mais les défenseurs centraux semblent souffrir de leur manque de vitesse pour se retourner et sprinter face à des attaquants lancés. Valence se procure ainsi 4 occasions.

L'influence du nouveau manager est évidente dans la volonté de Chelsea de contrôler le tempo du match en gardant la balle, mais des erreurs techniques montrent que l'équipe n'est pas encore accoutumée à ce type de football. Valence gagne la balle au milieu et construit de rapides attaques sur les côtés, avec Pablo Piatti (sur le flanc gauche) comme importante source de créativité. Sofiane Feghouli a aussi un impact en remplaçant Hernandez : il travaille sur les deux flancs pour créer des dédoublements. Au vu du match, leur but n'est pas immerité, mais les Espagnols avaient (littéralement) besoin d'un coup de main : ils ont vraiment du mal à marquer dans le jeu.

Villas-Boas semble ne pas trop savoir comment utiliser son banc sur ce match, et ses changements n'ont pas aidé à verrouiller le match. Kalou entrant pour Lampard (indépendamment de la main) ressemble difficillement à un changement pour bloquer Valence : Malouda se place alors au centre et des espaces supplémentaires se créent pour Valence. Le jeune Oriol Romeu, un milieu défensif qui peut garder la balle et briser le rythme du jeu, semble être une option plus logique.

Conclusion

Un match avec diverses phases. Chelsea domine le début de chaque mi-temps, mais Valence semble supérieur penedant le reste du match : leur jeu de passe est plus rapide, bien qu'il leur manque le dernier geste.

L'action des entraineurs en 2ème mi-temps a influencé le résultat : Emery a poussé son équipe à attaquer et l'a alors exposée aux contres de Chelsea , mais les remplacements de Villas-Boas n'ont pas résolu les faiblesses défensives de Chelsea, et la ligne de défense continuellement haut pose problème.

26 septembre 2011

Mihajlovic réussit à désorganiser le Napoli

Un aspect interessant du match nul 0-0 du Napoli face à la Fiorentina ce week-end est le fait d'y voir une défense à 3 affrontant une attaque à 3. Sinisa Mihajlovic souhaite en effet exploiter la faiblesse du Napoli sur les côtés.

Un match de début de saison l'an dernier entre ces deux équipes avait été très interessant tactiquement, car Walter Mazzari avait utilisé un système assymétrique face au 4-2-3-1 de la Fiorentina, Campagnaro montant face à Vargas en situation offensive, et laissant Maggio en charge du péruvien quand le ballon était florentin.

La Fiorentina joue désormais 4-3-3, et c'est sur l'autre flanc que l'attention se porte. Alessio Cerci reste haut et large sur le côté droit, parfois redescendant défendre sur Andrea Dossena, mais toujours en se plaçant dans une position permettant de partir rapidement en contre. Sa présence a l'effet important d'excentrer le nouveau défenseur du Napoli, Fideleff. Ce dernier a fait une erreur en milieu de semaine et parait nerveux sur ce match.

Le point important de ce match n'est pas le score final, ni même la domination d'une équipe ou d'une autre : c'est surtout la manière dont la formation de Naples a été distendue au point de se désintégrer, une chose que peu d'entraineurs ont réussi à faire au cours de l'année passée. Un facteur important dans cette désorganisation – bien que ce ne soit pas le seul – est le fait d'affronter une attaque à 3 utilisant toute la largeur, chose assez rare en Série A.

Fideleff est dans un état tel que Napoli a peur de le laisser en 1 vs 1 face à Cerci, qui a fait un très bon match, démontrant ses qualités de dribbleur et sa vitesse. En conséquence, Dossena doit souvent revenir au marquage de Cerci. Vargas jouant plus bas sur l'autre aile et suivant les mouvements de Juan Zuniga, le Napoli se retouve à 4 vs 2 (Campagnaro, Cannavaro, Fideleff etDossan vs Cerci et Jovetic). Campagnaro pourrait alors monter un peu plus pour réequilibrer la répartition des joueurs sur le terrain, mais les bons déplacements de Stevan Jovetic le font hésiter à quitter la défense.

Tout ceci se produit dans un match de contre-attaques, où la bataille du milieu (donc le nombre de joueurs qui y sont engagés) n'est donc pas déterminante. La Fiorentina profite d'un 3 vs 2 dans cette zone, Marek Hamsik restant assez large, et a dominé la possession de balle en 1ère période. Naples accepte cet état de fait, prêt à contrer, mais rencontre 2 problèmes : (a) La Fiorentina occupe bien le centre du terrain, rendant difficile les remontées de balle par l'axe (b) Les latéraux du Napoli n'ont pas de liberté – Dossena est toujours inquieté par Cerci, et Vargas traque Zuniga – bien que le Colombien réussisse un bon match.

Mazzarri fait deux changements pour mettre le Napoli au commandes. Fideleff ne dure que jusqu'à là 54ème minute remplacé alors par Salvatore Aronica, défenseur côté gauche experimenté qui est efficace dans ce rôle. C'est une illustration de la menace représentée par Cerci. Le remplacement suivant, à la 72ème, est l'aveu de la faillit du système des Napolitains. Goran Pandev remplace Dossena, Aronica se retrouve arrière-gauche, Zuniga arrière-droite et Napoli se retrouve alors en 4-2-3-1 / 4-2-4.

Défensivement, cela répond bien plus facilement au 4-3-3 de la Fiorentina, et le Napoli domine les 25 dernières minutes. Cerci devient peu dangereux et la Fiorentina ne semble plus capable de marquer. Le seul problème est que Zuniga, peut-être le meilleur joueur du Napoli sur ce match, a alors moins de liberté pour monter et apporter de la largeur au jeu. Naples est terriblement de ses latéraux pour écarter le jeu et créer des dédoublements – sans eux, l'équipe semble impuissante.

Pour résumer, Mazzarri fait face à un dilemme sur ce match. Jouer avec le système qui correspond le mieux aux qualités de ses joueurs, ou jouer avec le système qui est le plus logique sur ce match? En général il se débrouille en déplaçant subtilement des joueurs tout en gardant son 3-4-1-2 de base, mais cette fois il a dû passer à une défense à 4. Mihajlovic n'a certes pas remporté le match, mais il a gagné la bataille tactique, d'où son appréciation finalement très postive de la prestation de ces joueurs.