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18 décembre 2011

Rapport sur la mise en place des méthodes du Barça à la Roma par Luis Enrique

Une des nominations d'entraineurs marquantes de cet été est celle de l'ancien de Barcelone B, Luis Enrique, à la Roma.

C'était une vraie surprise. Bien qu'Enrique ait eu de bons résultats avec la réserve du Barça, il n'avait aucune expérience d'entraineur au haut-niveau.Il n'était donc pas vraiment plus qualifié que Vincenzo Montella, qui avait dirigé la Roma la saison dernière après un certain passé dans les équipes de jeunes.

Mais, comme l'explique cet excellent article de James Horncastle, la Roma le voulait pour son "background", pour la culture footballistique d'où il est issu. “La raison du choix d'Enrique est symbolique,” dit Walter Sabatini, Directeur sportif de la Roma. “Enrique représente une idée du football que nous voulons suivre, et qui s'impose aujourd'hui à travers l'Espagne et le Barça… Je voulais quelqu'un d'extérieur au football Italien. Quelqu'un de neuf.”


Cette volonté de choisir les entraineurs de plus en plus souvent pour des raisons philosophiques plutôt que pragmatiques, est un autre impact de Pep Guardiola sur le football. Même en Italie. Comme le dit Franco Ferrari (l'ancien directeur du centre technique national Italien, Coverciano) dans l'excellent "The Italian Job" écrit par Gianluca Vialli et Gabriele Marcotti : “En Italie on ne regarde que le résultat, on se moque de la façon avec laquelle on l'obtient, seul importe le résultat… bien jouer ou construire des bases pour le futur n'entre pas en ligne de compte, il faut juste gagner.”

Cependant, pour en revenir à l'article de Horncastle, Enrique déclare : “Quand la Roma me choisit, elle sait qu'elle choisit un entraineur offensif qui adore l'attaque, qui aime le beau football. L'important est que les fans viennent nous voir jouer, et prennent du plaisir. Mon jeu est très attractif. Nous allons tout le temps attaquer. Je n'envisage pas le football autrement. Nous nous dirigeons vers un changement complet des idées et des identités... je ne suis pas venu ici pour apporter le modèle barcelonais, mais quelque chose qui y est similaire."

C'est une vraie transformation. Immédiatement fleurissent des comparaisons inévitables avec le FC Barcelone. Alors, après 14 rencontres et une place de 10ème en Serie A, comment réussit-il à imposer les méthodes barcelonaises? On a tenté de l'évaluer en se basant sur 10 facteurs clés du jeu catalan.

Possession et milieux techniques


Les signatures de Fernando Gago et Miralem Pjanic ont montré que Enrique voulait de la qualité technique et une distribution du jeu calme et sûre au centre du terrain. Il a eu du mal à aligner souvent souvent le même trip de milieux à cause de blessures (et son propre turnover), et en conséquence il y a un manque de cohésion et d'automatismes qui sont nécessaires dans ces positions. Il a utilisé David Pizarro assez rarement (quand celui-ci était en condition...), ce qui est surprenant étant donné que le Chilien a le profil idéal pour être le Xavi de cette équipe.

Reste que la Roma a une possession moyenne de 58%, la 3ème plus haute de Serie A après le Milan et la Juventus, bien qu'il faille noter que seuls 2 autres clubs ont une moyenne au dessus de 50%, dans un championnat où on ne joue pas particulièrement pour la possession. Cela reste un bon chiffre et Enrique doit être satisfait de la conservation du ballon de son équipe. Note : 8/10

Pénétration

Ce point est moins bien réussit. Alors qu'elle est la 3ème en termes de possession, la Roma ne se retrouve que 8ème au classement des tirs cadrés, avec 4.5 par match. Il semble qu'il y ait trop de responsabilités sur le dos du joueur créatif central dans le 4-3-1-2 utilisé (bien qu'il puisse être décrit comme un 4-3-3 avec un attaquant axial très bas, similaire à celui de Barcelone avec Messi, donc il s'agirait plutôt d'un hybride 4-3-1-2 / 4-3-3 que Santos a souvent utilisé).

Cet homme est en général Pjanic, qui s'est plutôt bien débrouillé, réussissant 6 passes décisives en championnat – seuls les milanais Alberto Aquilani et Antonio Cassano ont fait mieux. La passe dans la vidéo ci-dessous, pour Bojan face à Novara, est un bel exemple de sa créativité. Mais il y a un manque de passes dangereuses venant d'autres joueurs, sauf quand Francesco Totti joue, ce que Enrique ne semble pas trop apprécier. Note : 3/10



Mouvement

Là aussi, on est loin de la perfection. Le match contre la Juventus le week-end dernier a montré comment la Roma pouvait être congestionnée en certains endroits du terrain. Enrique a débuté avec Pjanic surgissant à l'avant depuis le milieu, Erik Lamela venant de la droite vers l'axe et Totti décrochant pour venir dans sa zone habituelle : il en résulte une trop grande concentration de talent offensif dans une seule zone, aucun ne restant en retrait, aucun n'étirant le jeu.

Un aspect fondamental du jeu de Barcelone est la cohésion du mouvement : quand un joueur vient dans l'axe, un autre écart; quand un joueur descend, un autre fait une course vers l'avant. Pour l'instant ceci n'est pas au point à Rome, et quand Enrique a échangé les rôles de Osvaldo et de Lamela contre la Juve cela a semblé plus équilibré – Osvaldo offrait alors des débordements depuis la droite tandis que Lamela venait dans l'axe et laissait Jose Angel dédoubler sur l'aile. Note : 3/10

Pressing

Le nul contre la Juve a montré combien la Roma devait progresser sur ce point. La nature du système d'Enrique, en général avec des attaquants déployés sur les côtés (Pablo Osvaldo, Bojan Krcic) implique qu'il est essentiel de presser très haut pour que ces joueurs puissent s'exprimer dans leur zone favorite.

Au lieu de ça, les latéraux turinois ont poussé ces joueurs jusque dans leur propre camp, et la Roma se retrouvait à travailler trop loin du but. Cela s'est mieux passé dans d'autres matchs, et il est intéressant de noter que le meilleur match de la Roma, contre Lecce, est celui où ils ont presser le plus violemment. Enrique pense peut-être que ses joueurs ne sont pas actuellement capables de presser pendant tous les matchs, mais il faut impérativement le réaliser plus souvent . Note : 5/10



Défenseurs à l'aide balle au pied


En théorie, un grand succès. Simon Kjaer est un des défenseurs actuels les plus doués balle au pied, mais souffre de blessures assez longues, tout comme Nicolas Burdisso. L'utilisation de Gabriel Heinze dans l'axe a été relativement réussie sur ce point, et la volonté d'Enrique d'avoir des de la qualité technique à l'arrière s'est manifestée par l'utilisation de De Rosse en charnière centrale contre la Juve. Note : 8/10

Latéraux offensifs


Jose Angel est impressionnant sur l'aile gauche : il ne ressemble pas vraiment à un défenseur, et colle au style de Dani Alves. Il apporte beaucoup de largeur sur son côté, et permet à l'attaquant gauche de plonger dans l'axe.

Sur la droite, Enrique a utilisé des latéraux offensifs comme Marco Cassetti, Aleandro Rosi et Cicinho, mais aussi des milieux de formation comme Perrotta et Taddei. Aucun n'a semblé à l'aise sur les phases défensives, mais cela apport les dédoublement sur l'aile que Enrique souhaite. Note : 7/10

Le rôle de Busquets


De Rossi a été utilisé ici, très bas au milieu, descendant entre les défenseurs centraux en leur permettant de s'écarter. En général capitaine, il a été probablement le meilleur joueur de la Roma et semble être sa pièce clé.

Une autre note positive est venue avec les débuts face à la Juve de Federico Viviani. C'est un jeune prometteur issue du centre de formation qui semble à l'aise avec la balle même en position basse, et qui a donné des passes calmes et sûres sur les ailes, un Busquets potentiel dans la construction du jeu. Note 8/10

Attaquants excentrés


Sentiment mitigé ici : Osvaldo est satisfaisant mais semble quand même avoir du mal à jouer dans une position latérale : c'est un pur avant-centre. Bojan connait le système mieux que quiconque mais ne s'est pas encore adapté au football italien. Lamela est clairement talentueux mais ne correspond peut-être pas à ce rôle : il vient se mêler au jeu au lieu de faire des appels vers le but, ce qui conduit aux problèmes de pénétration mentionnés plus haut. Fabio Borini a le profil parfait pour ce système, mais il est moins doué.

Osvaldo a marqué 5 fois, Bojan 3 – mais ceci correspond à 50% des buts de l'équipe. Beaucoup de travail doit être réalisé ici, bien que les attaquants gagneraient à ce que le milieu donne de meilleurs ballons. Note : 6/10

Le rôle de Messi


Etant donné qu'il s'agit du meilleur joueur du monde, personne ne peut jouer son rôle avec autant d'efficacité. Dans un sens, Enrique n'a pas essayé de reproduire directement sa position, cependant Totti a joué attaquant axial Lundi, et comme il est un pionnier du poste de faux numéro 9, on pourrait y voir le rôle de Messi.

Mais c'est en général Pjanic qui a joué dans cette position, et il est clairement un 10 et non un faux 9 (bien que pour le Clasico Messi lui même ait joué en 10). Pjanic a fait de bonnes apparitions, mais il a besoin d'être soit plus direct, soit d'avoir plus d'appels des milieux autour de lui. Note : 6/10

Jeunes joueurs

Un facteur clé des succès des blaugranas a été leur utilisation des joueurs formés au club. Clairement, c'est le résultat de décennies de travail et non de quelques mois, et il n'est pas tout à fait juste de porter un jugement sur ça aujourd'hui.

Cela dit, contre la Juve, la Roma jouait avec Greco, Totti, De Rossi et Viviani. 4 joueurs sur 11 formés au club est un très bon chiffre, et il y a aussi Rosi dans l'effectif. L'utilisation de Viviani est la plus prometteuse : elle montre que Enrique donne leur chance à de jeunes joueurs, et pour reprendre les mots de Sabatini, ils sont "non-contaminés", plus malléables pour Enrique qui veut en faire ce qu'il veut, à l'image du travail qu'aime faire Marcelo Bielsa avec les jeunes joueurs, qu'il considère comme plus aptes à apprendre de nouvelles méthodes. Note : 8/10

Conclusion

Le cliché est facile : Rome n'a pas été bâtie en un jour. Le projet d'Enrique est global et relève du long-terme, et bien qu'une 10ème place ne puisse être considerée comme un succès aujourd'hui, le projet se met en place gentiment.

“On devrait arrêter de faire des comparaisons avec Barcelone" affirme le directeur général Franco Baldini. "On essaie de créer une équipe qui joue pour la possession, mais d'autres font la même chose. On fera la comparaison avec Barcelone quand on aura atteint leur qualité.”

Même quand il dissuade les comparaisons avec le Barça, il les voit toujours comme un objectif à atteindre... . Il y a un long chemin à faire, mais la Roma et ses fans ont intérêt à soutenir Enrique.

11 décembre 2011

Real Madrid 1-3 Barcelone : le Real presse d'entrée, mais un changement tactique donne la victoire au Barça


Jose Mourinho a surpris beaucoup de monde avec sa composition d'équipe, mais Pep Guardiola s'est adapté pour mener son équipe à la victoire.

La surprise est la présence de Mesut Ozil, que beaucoup croyaient voir sur le banc à la faveur d'un milieu défensif supplémentaire. Dans les faits, c'est l'attaque du 4-2-3-1 habituel du Real qui est alignée. Lassana Diarra joue, mais à la place Khedira, tandis que Fabio Coentrao est titularisé en arrière-droit.

Guardiola croit en la forme physique de Gerard Piqué et de Carles Puyol, et sort donc Javier Mascherano. Il titularise également Cesc Fabregas et Alexis Sanchez.

La question n°1 de l'avant-match était : ‘Est-ce que le Real va presser?’ – la réponse est évidente après 30 secondes. Barcelone tente de construire très bas, Victor Valdes rate sa transversale, et Benzema marque le but le plus rapide de l'histoire du Clasico.

Pressing et rôle d'Ozil

C'est le départ idéal pour les locaux, et le pressing madrilène est, comme prévu, surtout actif pendant les  20-30 premières minutes du match. Ils empêchent alors le Barça de construire depuis l'arrière, bien que la défense catalane ait gardé admirablement confiance en son jeu de passe tout au long du match.

Cependant, il faut noter que la ligne créative de 3 du Real a peu d'impact quand elle reçoit la balle, et même dans de belles conditions. Cristiano Ronaldo n'a pas été déterminant, Ozil a peu créé et est même sorti en 2ème mi-temps, et Di Maria a été combatif mais sa production finale est très pauvre. En demandant à ses joueurs offensifs de travailler énormément, Mourinho les a peut-être privé de la fraicheur dont ils ont besoin pour attaquer.

La décision forte d'aligner Ozil est finalement un échec. Bien qu'il touche beaucoup de ballon en 1ère mi-temps, il ne produit que rarement une passe décisive. Sans la balle, il semble souvent avoir un temps de retard dans le pressing. Le Real aurait pu ajouter un milieu défensif pour bloquer le centre du terrain, où Messi a pu venir chercher des ballons bas avec trop de liberté.

La formation de départ de Barcelone


Même en tenant compte des permutation habituelles, il est très difficile de déchiffrer la formation du Barça. En se plaçant dans la base d'un 4-3-3, Andres Iniesta est plus latéral que l'accoutumée, Messi joue plutôt 10 que 9 et demi, Cesc Fabregas ne fait pas du tout partie de la ligne offensive (où il a souvent été placé cette saison) et semble avoir des problèmes à se placer, enfin Alexis Sanchez commence sur la gauche et fait des courses diagonales vers l'axe.

Cette approche ressemble à celle utilisée par Guardiola lors de la victoire 2-0 à Bernabeu en Avril 2010, où il avait utilisé Messi assez bas et décalé sur la droite, et Pedro attaquant gauche. Sanchez a très bien manoeuvré pour occuper les deux défenseurs centraux et souvent Coentrao avec eux, tandis qu'Iniesta prenait systématiquement l'aile pour mettre en danger le latéral portugais.


Barcelone

Peut-être en se rappelant de cette victoire 2-0, Guardiola modifie son système après 20 minutes en s'approchant encore plus de la formation utilisée ce jour là. Il demande à Dani Alves de monter vers une position de milieu droit, Carles Puyol se retrouve arrière-droit, Gerard Pique le remplace, et Sergio Busquets descend pour devenir défenseur axial gauche. Fabregas descend un peu pour aider au milieu, et Barcelone constitue globalement un 4-4-1-1.

La raison précise de ce changement n'est pas laire, mais il y a plusieurs avantages:

1) Cela permet à Busquets, joueur-clé par sa capacité à initier des mouvements offensifs, de se sortir du pressing d'Ozil et d'alimenter le milieu en bons ballons. Il n'hésite quand même pas à prendre le risque de sortir la défense quand le Barça attaque : prenant alors en charge Ozil et permettant à Xavi de se mêler à l'offensive.

2) Ronaldo ayant été dangereux en plusieurs occasions au début du match, cela permet de mettre Puyol sur lui, voire souvent une paire Puyol-Piqué (et l'aide occasionnelle d'Alves), Guardiola détruit alors la menace de Ronaldo. Ce dernier a fait un match très discret, et Mourinho a essayé de lui redonner de l'impact en le positionnant à droite en 2ème mi-temps, ce qui prouve que le changement du Guardiola a parfaitement fonctionné.

3) Cela donne plus de largeur à Barcelone avec la présence d'Alves, chose qui manquait au début du match. Le Brésilien a alors énormément d'espace entre Marcelo et Ronaldo, il constitue une solution de contre quasi-permanente, comme en témoigne son débordement et son centre magnifique pour la tête de Fabregas, qui marque le 3ème but.

4) Moins important, mais indéniable, Fabregas placé plus bas semble mieux comprendre son rôle et il devient un acteur important de la 2ème mi-temps.

Positions moyennes des Barcelonais (Opta)
C'est Ozil qui doit être le bénéficiaire de ce changement : il a alors en théorie un grand espace entre les lignes, mais Busquets parvient à lui mettre de la pression et l'empêcher de jouer un rôle dans les transitions. Comme le montre le diagramme des positions moyennes, Busquets joue beaucoup plus haut que les 3 autres défenseurs même après avoir quitté son poste originel de milieu de terrain. Il y a un certain retour à la défense à 3 de Guardiola.

Le match de Messi

Contrairement au match de supercoupe où Mourinho avait demandé à Ricardo Carvalho de sortir sur Messi, l'Argentin est libre. C'est logique que la charnière centrale reste en position, Messi jouant comme un n°10 (et parfois plus bas encore. Mais Diarra et Alonso étant occupés avec Fabregas et Xavi, Messi se retrouve avec une grand temps de jeu avec ballon, malgré une belle performance de Diarra dans les duels face à lui.

 
Sur le premier but, Messi est libre de prendre de la vitesse, élimine Alonso et Diarra avant de glisser la balle en profondeur pour Sanchez, sur le troisième, il lance Alves en contre après avoir reçu la balle sans pression. Cette absence de pression sur Messi est un facteur tactique majeur. Il a eu tout simplement trop d'espace.

Fin de match et changements


Le Real est terriblement malchanceux sur le 2ème but, mais le 3ème semble avoir tué le match, même s'il restait 25 minutes. L'équipe de Mourinho a disparu et le Barça s'est concentré sur la conservation du ballon. Il est probable qu'à ce moment du match le Real espérait pouvoir se contenter de rester bas et attentiste (en menant au score, ou au moins avec un score nul) mais avec un déficit de 2 buts, il ne pouvaient s'en contenter.

Kaka avait déjà remplacé Ozil (plutôt de façon correcte), les autres changements sont l'entrée de Khedira pour Diarra après que le Français ait été averti, puis celle de Gonzalo Higuain pour Di Maria, qu'on l'on a un peu plus vu que Ronaldo sur ce match. Higuain a pris la pointe et Benzema le côté gauche, se procurant une belle occasion après avoir effacé Puyol. Les changements n'ont pas été déterminants, mais on donné un certain regain d'énergie au Real.

Barcelone ralentit bien le tempo, et aurait pu en rajouter un 4ème en contre. Les changements de Guardiola arrivent tous après la 80ème et relèvent du poste pour poste : Seydou Keita, David Villa et Pedro entrent, mais cela ne modifie rien au match.

Conclusion

Mourinho a souvent été critiqué pour ses approches défensives face au Barça : mais cette fois il a présenté une équipe offensive avec son front d'attaque habituel, et a cherché à presser très tôt. Le pressing a plutôt fonctionné, au contraire du choix d'aligner Ozil.

Le léger avantage d'avoir un meneur de jeu pour le Real a été plus qu'annihilé par l'espace laissé à Messi, qui a souvent trouvé un espace qu'il n'aurait pas eu si le Real avait aligné 3 milieux défensifs au lieu de 2. Il est impossible de savoir si cette formation alternative aurait fonctionné, et elle probablement laissé un espace pour un autre joueur barcelonais à un autre endroit du terrain, mais laisser de la liberté à n'importe quel autre joueur semble préférable à la donner à Messi.

Mourinho va sûrement pointer une certaine malchance, et expliquer que Guardiola a eu besoin de changer son équipe pour inverser la domination. Mais Guardiola l'a réussi avec un grand succès, et Real n'a pas su s'adapter à son tour. Les joueurs du Barça qui ont changé de positions ont tous fait un match excellent : Busquets a parfaitement joué le rôle de "demi-centre", ce que peu de joueurs savent faire; Puyol a été très peu mis en danger par Ronaldo en 1 contre 1, et les aller-retours d'Alves sur la droite ont été cruciaux en 2ème période. C'est une belle victoire tactique pour Guardiola.

3 décembre 2011

Irlande : défensive, et aucune raison de changer

Giovanni Trapattoni a mené l'Irlande à son premier tournoi majeur depuis 10ans, cependant un débat perdure sur ses tactiques.

Son approche assez simple ne nécessite pas beaucoup d'explications par rapport au diagramme ci-contre. Elle comprend une défense à 4 classique, 2 milieux travailleurs, 2 ailiers de débordement, et un joueur d'appui jouant un peu plus bas que l'attaquant axial. C'est un 4-4-2, un 4-4-1-1à la limite, peut-être le schéma le plus basique qu'on puisse utiliser dans le football moderne.

La réussite de Trapattoni vient du fait qu'il a accepté les limites de son équipe. Avec la domination de Barcelone et de l'Espagne sur le football de clubs et de sélections, le jeu est plus que jamais basé sur la qualité technique au milieu du terrain. Un bon jeu de passe avec la balle, une attitude positive sans, et une préférence pour les matchs ouverts sont devenu les caractéristiques à la mode.

Pour être honnête, l'Irlande n'a pas beaucoup de qualité technique au milieu. Elle a un bon gardien, de bons défenseurs, des ailiers malins, et une gamme intéressante d'attaquants. Dans l'axe, elle dispose de Keith Fahey, Keith Andrews, Glenn Whelan, Darren Gibson et James McCarthy. Fahey et Andrews sont des joueurs de Championship (NdT : 2ème division), Whelan joue pour un club qui cherche rarement à faire des passes (Stoke City), Gibson est (quoique sévèrement) moqué par les fans pour sa propension à tenter et retenter des frappes lointaines et improbables, et enfin McCarthyest talentueux mais vient à peine d'intégrer l'équipe.

Base défensive.


Trapattoni a donc mis en place un système attentiste avec deux lignes de 4 derrière la balle, et des sorties de balles directes en direction des ailiers, voire des attaquants. Cela s'est monté efficace : l'Eire s'est qualifiée en ne perdant qu'un seul match (face aux Russes, premiers du groupe), et enregistre des statistiques défensives satisfaisantes, gardant sa cage vierge lors de 6 matchs sur 12.

Il rencontre des critiques pour être trop défensif, mais on voit mal comment il pourrait prendre l'initiative du jeu vu les limites de l'équipe. S'obstiner dans un jeu de passe par principe vaudrait sûrement à l'Irlande d'être tenue en échec par des équipes relativement modestes, et placerait le cœur du jeu dans une zone où l'équipe n'est pas particulièrement forte. Aucune équipe ne craint Andrews et Whelan , et ce milieu à deux serait dominé facilement dans le jeu de passes par des équipes disposant à la fois de plus de qualité et de quantité dans l'axe du milieu.

Formation

Il pourrait passer à un milieu à 3, bien sûr, et compenser ainsi le manque de qualité par la quantité. Mais cela signifierait de sortir Robbie Keane – improbable étant donné qu'il est capitaine – ou Kevin Doyle, ce qui laisserait Keane seul devant, un rôle qui ne lui convient pas du tout.

Même si le 4-4-2 est la formation "naturelle" de votre équipe, cela ne signifie pas que vous acceptez d'être facilement déstabilisés au milieu, l'option logique est alors de jouer bas pour limiter l'espace entre les lignes et derrière la défense. Quelque soit l'angle de vue, jouer un football offensif semble donc impossible.

Le problème principal de l'équipe est la créativité : les ailiers ont été peu en vue, mais c'est inévitable à cette position dans une équipe défensive. Ils sont sevrés de ballons, et par conséquent jugés sur à peine 2 ou 3 actions. Il est difficile d'imaginer comment cette situation pourrait être améliorée par des modifications de tactique ou de choix de joueurs ; la réponse simpliste consistant à "jouer plus offensif" risque plus d'exposer les milieux axiaux que d'aider les ailiers.

L'Irlande a un type d'équipe différent des autres nations. Comme le souligne Miguel Delaney, elle n'a pas de joueur de grande classe dans ses rangs mais a une certaine profondeur d'effectif, lui demander de travailler correctement plutôt que de se reposer sur les individualités est donc la meilleure chose à faire, et probablement la seule permettant d'obtenir des résultats satisfaisants. Il n'y a aucune star dans l'équipe : même Keane et Duff n'ont plus la vitesse et la flamme qu'ils avaient la dernière fois que l'Eire s'est qualifiée pour un grand tournoi (2002).

“Pour commencer, Messi et Ronaldo n'ont pas de passeport irlandais,” plaisante l'ailier Stephen Hunt. ”On ne frappe plus systématiquement dans la balle aussi loin qu'on le peut, mais on conserve un style de jeu direct. On a des joueurs efficaces pour ça… les médias disent parfois que on n'a pas un style de jeu esthétique, mais on ne l'a jamais eu. Jamais! On a eu un joueur talentueux qui était Liam Brady. A part lui, qui peut me dire qui ont été les Ronaldo ou les Messi de ces 20 dernières années en Irlande?”

L'approche du tournoi

On entend souvent que maintenant que la qualification pour l'Euro est acquise, l'Irlande devrait sortir de sa carapace et être plus "positive". C'est à dire plus esthétique? C'est une notion subjective. Avoir plus de résultats? Ce n'est certainement pas le problème. Le principal défi pour une équipe défensive est d'accrocher suffisamment de victoires pour sortir de la phase de qualifications, en particulier contre des adversaires qui pratiquement plus ou moins le même type de football. Une équipe jouant sur la discipline et la solidité est en fait assez adaptée aux phases finales des tournois, notamment dans les matchs à élimination directe, et l'Irlande a montré par le passé qu'on peut sortir de sa poule avec seulement 3 matchs nuls.

Dans le football moderne, il est difficile de se souvenir d'outsider réalisant de grandes performances avec un jeu ouvert et attractif. La Corée du Sud en 2002 était assez défensive, le Sénégal pouvait se montrer excitant mais restait une équipe de contres, et les Grecs de 2004 sont l'exemple ultime d'une équipe défensive qui excelle grâce à son organisation et son opportunisme sur coups de pieds arrêtés. 2006 et 2008 furent relativement prévisibles, et 2010 a vu un groupe de surprises Uruguay, Ghana et Paraguay tous basés sur l'organisation plutôt que sur la créativité.

Cela se confirme durant la dernière Copa America, où les quarts de finale ont vu les quatre équipes "réactives" (Venezuela, Peru, Uruguay, Paraguay) éliminer les quatre qui souhaitaient avant tout joueur un beau football (Brazil, Argentina, Chile, Colombia). Pour de multiples raisons, le football proactif ne rencontre pas un grand succès au niveau international – la victoire espagnole à la Coupe du Monde ne doit pas éclipser le fond du sujet : les tendances globales sont plus importantes que les exceptions isolées, et l'Espagne a l'avantage unique de pouvoir organiser entièrement son équipe sur la base des joueurs d'un club qui obtient lui-même de grands résultats.

Donc, non seulement Trapattoni possède peu d'atouts pour tenter de dominer les adversaires dans un match ouvert, mais en plus cela signifierait s'engager dans une route qui a eu peu, voire aucun succès au cours des dernières années.


Cela ne signifie pas que l'Irlande ne peut rien offrir de plus offensivement. Certains détails peuvent et doivent être travaillés, d'ailleurs Andrews a fait plus de courses vers l'avant qu'à l'habitude face à l'Estonie, et si l'Irlande veut améliorer son impact offensif, elle doit rendre plus rapides ses transitions défense-attaque. Cependant, pour maximiser les chances de créer la surprise à l'Euro, la structure et l'approche globale de l'équipe ne doivent pas être bouleversées.

2 décembre 2011

Marseille 3-0 PSG : Marseille se régale sur le côté droit


Le PSG perd la tête de la L1 après une lourde défaite dans le "classique" du championnat.

Didier Deschamps choisit un 4-2-3-1 sans Mathieu Valbuena, mais avec Lucho Gonzalez qui démarre en soutien direct de Loic Rémy.

Antoine Kombouare utilise Momo Sissoko assez bas, et préfère Christophe Jallet à Ceara sur la droite, son équipe se présentant aussi en 4-2-3-1.

Comment analyser un match où Marseille a été simplement meilleur dans tous les compartiments? Ils ont pris l'avantage rapidement, on eut le contrôle du match la plupart du temps, et se sont même baladés sur la fin.


Bataille au milieu

Dans ce match physique, les deux équipes semblent fortes et solides au milieu. Stephane Mbia et Alou Diarra restent proches l'un de l'autre et ferment rapidement la porte (parfois avec agressivité) à Javier Pastore, qui a fait un mauvais match. Côté PSG, Momo Sissoko joue plus bas que Blaise Matuidi, et prive Lucho Gonzalez de ballons. Le rapport de force au milieu est de 4:2 en faveur des destructeurs, et les créateurs ont peu de liberté.

Pastore, en particulier, est vraiment décevant. Son taux de passes réussies est anormalement bas, 48% – il tente souvent des passes difficiles sur un des 3 joueurs devant lui, mais a fréquemment mal réalisé le geste. Gonzalez ne fait guère mieux, mais réussit quand même à trouver des espaces en profitant des montées des milieux parisiens. Son taux de passes réussies est meilleur, 68%. Le tableau d'affichage traduit le fait qu'il a pu trouver des passes simples pour calmer le jeu, alors que Pastore a cherché systématiquement l'attaque directe : cette différence réside en grande partie dans la nature même des deux joueurs.

Les zones latérales

Puisque rien ne peut arriver dans l'axe, la créativité et les buts viennent par les côtés. Les deux paires de joueurs latéraux ont joué des rôles différents. Les Parisiens vont vers le centre en tentent d'organiser leurs attaques par le biais de Pastore, même si Jérémy Menez écarte pour proposer une solution à Jérémy Morel, et se montre plus impliqué que Nene.

Les ailiers Marseillais ont une rôle plus traditionnelle, mais leur mouvement clé n'est pas offensif : c'est leur discipline défensive qui est remarquable. Les joueurs de flanc de l'OM sont bien plus concentrés et agressifs sans le ballon, alors que Nene et Menez ne défendent pas, ou se trouvent dans des positions axiales depuis lesquelles ils ne peuvent pas revenir rapidement sur les latéraux adverses. Ce point s'avère crucial quand Cesar Azpilicueta peut tranquillement monter en centrer en direction de Rémy, donnant l'avantage à Marseille.

Marseille passe à droite

L'activité et la volonté offensive du flanc droit marseillais est un élément majeur du match. Azpilicueta monte à nouveau en seconde période et procure une belle occasion à Gonzalez, tandis que devant lui, Amalfitano devient un joueur clé du match après un début timide, marquant le second but après un très bon pressing au milieu (encore une chose qu'ils ont mieux réalisé que le PSG), et créant le dernier but grâce à un bon centre repris par André Ayew.

Le PSG n'a ni mouvement sur les ailes ni largeur naturelle que procurerait la disposition des joueurs – Pastore est simplement dépassé par ses gardes du corps et n'appelle pas suffisament la balle sur les ailes. On peut lui reprocher de trop jouer dans la verticalité.

Kombouaré tente de changer le cours du match en sortant Gameiro et Pastore pour Mathieu Bodmer et Mevlut Erding, mais le plan de jeu de l'équipe ne change pas. Elle a une large possession du ballon en 2ème mi-temps mais ne parvient pas à se créer d'occasions : le total final de zéro tirs cadrés résume bien le problème.

Conclusion

Marseille s'est montré particulièrement dominant sur la droite et ses latéraux ont dépassé les ailiers du PSG pour créer des dédoublements. Le duo allitératif Azpilicueta-Amalfitano a très bien combiné, et ils ont été capables de compenser le manque de créativité dans l'axe en écartant le jeu, alors que le PSG s'entêtait dans les embouteillages.

Paris a montré un affreux visage : une équipe coupée en deux sans lien entre les 6 de derrière et les 4 de devant, ce qui signifie qu'ils défendaient et attaquaient avec peu de joueurs. Il est rare de voir un 4-2-3-1 réussi avec un meneur de jeu très libre et deux ailiers qui ne défendent pas trop : le PSG pourrait être champion grâce à des éclairs de ses individualités, mais cela arrivera malgré leur système, et non grâce à lui.

14 novembre 2011

Turquie 0-3 Croatie : Bilic montre comment jouer en 4-4-2 face à un 4-3-3

Une superbe prestation des Croates qui les met dans une position très favorable avant le match retour de mardi.

Guus Hiddink choisit un 4-3-3, avec l'arrivée Giray Kacar derrière. Kazim Kazim étant blessé, Burak Yilmaz reste avant-centre, soutenu par Arda Turan et Hamit Altintop.

Slaven Bilic utilise lui un 4-4-2, avec Mario Mandzukic et Ivica Olic en pointe. Luka Modric est au milieu et Ivan Rakitic déplacé sur la gauche, Vedran Corluka est aligné latéral gauche pour laisser Domagoj Vida à droite.

Croatia a pris l'avantage dés la 2ème minute et a toujours eu le contrôle du match, bouclant le match (et probablement le barrage lui-même) grâce à un 3ème but de Corluka à la 50ème.

Formation

Le match est une opposition de systèmes, un affrontement classique entre un 4-3-3 et un 4-4-2. Bien que la formation ne dicte pas totalement le style de jeu d'une équipe, il est clair que certaines formations sont mieux adaptées à certains approches du jeu (et vice et versa). La différence entre un 4-4-2 et un 4-5-1 / 4-3-3 est joliment resumée par Sir Alex Ferguson :

“L'idée derrière le 4-5-1 est que l'on peut contrôler le milieu et garder la possession du ballon – c'est toujours le but recherché quand on utilise cette formation. Je crois que l'équipe qui a la possession a plus de chances de remporter le match. Avec le 4-4-2, l'accent est plutôt mis sur la volonté de porter la balle à l'avant, et on utilise alors souvent deux ailiers traditionnels.”

Ce match est un parfait cas d'étude : le 4-3-3 domine la possession (70% contre 30%) mais 4-4-2 est plus direct et créé plus d'opportunités (13 tirs, 9 cadrés, 3 buts contre 2, 0, 0 pour les turcs) selon les statistiques publiées par l'UEFA.

La tactique Croate


Comment la Croatie réussit cela? Pendant les 5 premières minutes, ils exercent un fort pressing offensif,  Olic et Mandzukic travaillant tout deux sans ménagement pour faire reculer les défenseurs centraux et le plus défensifs des milieux turcs, Selcuk Inan. Mandzukic recule souvent défendre sur Inan pour le priver de ballons, et une fois celui-ci gagné par l'équipe, il sprinte pour rejoindre Olic tandis qu'Inan est plutôt attiré par le ballon.

Le but précoce est crucial, il force la Turquie à attaquer et à laisser des espaces pour les contres croates. Ces derniers sont très rapides, et viennent généralement des ailes : la Croatie laisse un joueur devant la défense, en général Tomislav Dujmovic, mais le reste de l'équipe part rapidement en contre. Rakitic et Darijo Srna sont alors les joueurs clés, capables de demander la balle dans l'espace et de déborder les latéraux adverses – ces derniers ayant tout deux réalisé une prestation faible.

Deux lignes de quatre


La Croatie domine les 10 premières minutess, mais par la suite la Turquie commence à tirer parti de son avantage numérique au milieu, et profite du jeu de passe défaillant des visiteurs. Olic et Mandzukic stoppent le pressing pour se concentrer sur Inan, rendant difficile la sortie de balle turque basée sur ce dernier, et posant à ce dernier des problèmes identiques pour porter la balle à l'avant.

Défensivement, la Croatie ne fait rien d'exceptionnel, se contentant d'attendre assez bas avec deux lignes de quatre. La Turquie réagit intélligemment, avec patience et logique dans les passes : d'abord amener les milieux latéraux Croates vers l'axe pour qu'ils résorbent le 3 vs 2, puis profiter de l'espace créé pour que les latéraux y débordent.

Mais les Turcs manquent de pénétration, et leur milieu montre peu de créativité. La Croatie semble souvent laisser trop d'espace entre milieu et défense, mais c'est lié au fait que la Turquie n'amène aucun joueur dans cette zone. Altintop, peut-être, aurait pu venir vers l'axe pour jouer ce rôle, mais le plus souvent c'était Yilmaz qui descendait pour y proposer une solution, ce qui en résultat donne une Turquie jouant devant les lignes croates, plutôt que de les transpercer.

Srna à l'attaque
Srna comment très mal son match, mais le termine en étant un joueur clé depuis son flanc droit. Il est le plus efficace de l'équipe dans la transformation du jeu de la défense vers l'attaque, grâce à ses courses, et fait preuve de beaucoup de malice pour gagner des coup-francs... qu'il tire avec une grande précision. C'est lui qui centre pour le 2ème but signé Mandzukic, et encore lui qui obtient et tire le coup-franc pour la tête de Corluka en début de 2ème mi-temps.

Bilic mérite des félicitations pour avoir placé Srna à ce poste et avoir fait confiance à l'inexpérimenté Vida derrière lui : d'autres auraient placé Srna à son poste favori d'arrière droit, mais il y aurait perdu de son impact offensif.

Remplacements

Le match chance quelque peu après la mi-temps. Hiddink fait entrer l'ailier Gokhan Tore côté droit, sortant le décevant Gokhan Gonul, dontle duel perdu face à Corluka sur le premier but est peut-être le facteur clé du match. Altintop descend sur une position plus axiale, et Sabri Sarioglu faisant son retour en tant qu'arrière droit.

Plus tard, il fait entrer Mehmet Topal à la place d'Inan pour que le ballon circule plus vite au milieu, et Umut Bulut remplace Yilmaz pour que le jeu soit plus direct à l'avant, mais les Turcs ne se procurent pas d'occasions.

Bilic introduit Danijel Pranjic pour Rakitic pour renforcer la défense, puis remplace les deux attaquants pour cause de fatigue, mais tous les remplacements ont lieu après la 80ème : il est clair qu'il voulait éviter les modifications.

Conclusion

Bilic sait combien sa tactique a fonctionné. “Nous méritions de gagner par une marge plus grande encore” dit-il. “Ca a été fantastique. Je veux féliciter tous mes joueurs : ils ont joué le match entier sans commettre la moindre erreur. Ca a été vraiment parfait.” “La Turquie n'a pas eu une seule occasion, ce qui est assez remarquable sachant qu'ils étaient à domicile” ajoute Olic.


Hiddink prend la responsabilité de la défaite. “Je suis responsable du résultat. Les joueurs doivent exécuter leur travail correctement, mais je suis responsable…comment on est mené dés le départ, mal organisé et mis en danger très facilement, ça ne peut être qu'un match très dur. On leur a donné l'opportunité de deux contres-attaques, ce qui nous a tué.”

Bilic a montré comment jouer en 4-4-2 à l'extérieur : il a demandé à ses joueurs de rester bas, puis de contrer rapidement en utilisant les ailes, et a porté son attention sur le milieu supplémentaire des Turcs, Inan, chargeant ses attaquants de redescendre sur lui pour le bloquer. L'activité des deux de devant, les pénétrations de Srna et la discipline de Dujmovic ont été déterminants.

La Turquie est quand même passée à côté de son sujet : tant de possession et pas l'ombre d'une occasion... le manque de créativité et d'initiative des milieux axiaux est ahurissant, et le match retour de mardi sera sûrement le dernier de Guus Hiddink en tant que sélectionneur.

29 septembre 2011

Valence 1-1 Chelsea : Chelsea laisse filer son avantage

Un match ouvert qui se termine sur un partage des points.

Unai Emery utilise le même XI que face au Barça, ayant fait tourner entre-temps, mais change de gardien : Diego Alves prend le poste.

Andre Villas-Boas vient avec son habituel 4-3-3 : Florent Malouda commence côté gauche, Juan Mata passe à droite, et Frank Lampard retrouve sa place au milieu.

Un match assez équilibré, Valence dominant la possession, mais Chelsea ayant les meilleurs occasions. Emery a pris un petit ascendant tactique en 1ère mi-temps, mais le nul reflète bien la nature de la confrontation.

Première mi-temps

Un début de match fébrile de Valence donne l'impression que Chelsea va rapidement dominer le match, mais après environ 10 minutes, Valence se stabilise et commence à faire joliment circuler la balle.

Les Espagnols prennent le meilleur pendant ce début de match, ils dominent la possession et trouvent intelligemment des espaces entre les lignes, construisant quelques bons mouvements. Chelsea restant attentiste dans sa moitié de terrain sans presser les défenseurs adverses, c'est surtout la nature de la formation des anglais qui est responsable de la présence de ces intervalles.

Les circuits offensifs de Valence

Les Valenciens ont deux approches dominantes. La première est similaire à celle utilisée contre le Barça : ils travaillent côté gauche, utilisant le tandem Jordi Alba - Jeremy Mathieu pour étirer Chelsea. Mata, étonnament placé sur la droite, joue un peu trop dans l'axe et ne suit pas Alba dans ses montées. En résultat, Jose Bosingwa se fait submerger, et on notera l'intelligence des mouvements de Mathieu, venant vers l'intérieur pour y attirer Bosingwa,et ouvrant ainsi l'espace pour les montées d'Alba.

La seconde met en scène Pablo Hernandez. Alors que les deux milieux s'opposent à 3 contre 3 et que des duels récurrents apparaissent clairement, Hernandez profite  de la position haute de Frank Lampard (le plus offensif des milieux de Chelsea) pour venir à l'intérieur et agir en gros comme un second "numéro 10", aux côtés de Canales, qui est lui bien surveillé par Jon Obi Mikel. Ashley Cole refuse de trop sortir de sa zone, et les lignes de Chelsea se retrouvent soudainement trouées, en particulier quand Mikel se fait attirer sur le côté droit (en partie à cause du travail de la paire Alba-Mathieu citée précédemment).

Chelsea avait bien commencé mais joue de plus en plus défensivement. Ils placent leurs latéraux relativement haut, Mikel descendant parfois dans la défense. Malouda reste écarté, Mata vient vers l'intérieur, les meilleurs moments pour Chelsea viennent en fait des incursions axiales de Ramires. Il est étrange queVillas-Boas ait placé Mata sur la droite, surtout considérant la bonne tenue du côté gauche Valencien qui a été aperçu contre Barcelone.

Deuxième mi-temps

Assez rapidement après la pause, Mata et Malouda échangent leurs ailes. C'est un moment clé du match : Mata est plus à l'aise à gauche, plus impliqué défensivement, et toujours capable de venir dans l'axe pour influencer le jeu au milieu. Chelsea joue de manière beaucoup plus positive, et est beaucoup plus efficace dans le dernier tiers adverse, se procurant de nombreuses occasions. Malouda créé le but depuis sa nouvelle piosition côté droit en prenant assez simplement Alba sur l'extérieur.

Le match devient aussi plus ouvert en ce début de second acte, le trio du milieu Valencien permute de plus en plus pour perturber Chelsea. C'est Emery qui veut la victoire sur ce match, mais il aurait eu intérêt à conserver plus longtemps le statu quo de la 1ère mi temps : Chelsea profite mieux de l'ouverture du jeu.

Enery a fait trois changements offensifs, et les meilleurs opportinutés viennent de balles simples jouées au dessus de la défense : comme on a pue le constater depuis le début de la saison, Villas-Boas veut que son équipe joue haut sur le terrain, mais les défenseurs centraux semblent souffrir de leur manque de vitesse pour se retourner et sprinter face à des attaquants lancés. Valence se procure ainsi 4 occasions.

L'influence du nouveau manager est évidente dans la volonté de Chelsea de contrôler le tempo du match en gardant la balle, mais des erreurs techniques montrent que l'équipe n'est pas encore accoutumée à ce type de football. Valence gagne la balle au milieu et construit de rapides attaques sur les côtés, avec Pablo Piatti (sur le flanc gauche) comme importante source de créativité. Sofiane Feghouli a aussi un impact en remplaçant Hernandez : il travaille sur les deux flancs pour créer des dédoublements. Au vu du match, leur but n'est pas immerité, mais les Espagnols avaient (littéralement) besoin d'un coup de main : ils ont vraiment du mal à marquer dans le jeu.

Villas-Boas semble ne pas trop savoir comment utiliser son banc sur ce match, et ses changements n'ont pas aidé à verrouiller le match. Kalou entrant pour Lampard (indépendamment de la main) ressemble difficillement à un changement pour bloquer Valence : Malouda se place alors au centre et des espaces supplémentaires se créent pour Valence. Le jeune Oriol Romeu, un milieu défensif qui peut garder la balle et briser le rythme du jeu, semble être une option plus logique.

Conclusion

Un match avec diverses phases. Chelsea domine le début de chaque mi-temps, mais Valence semble supérieur penedant le reste du match : leur jeu de passe est plus rapide, bien qu'il leur manque le dernier geste.

L'action des entraineurs en 2ème mi-temps a influencé le résultat : Emery a poussé son équipe à attaquer et l'a alors exposée aux contres de Chelsea , mais les remplacements de Villas-Boas n'ont pas résolu les faiblesses défensives de Chelsea, et la ligne de défense continuellement haut pose problème.

26 septembre 2011

Mihajlovic réussit à désorganiser le Napoli

Un aspect interessant du match nul 0-0 du Napoli face à la Fiorentina ce week-end est le fait d'y voir une défense à 3 affrontant une attaque à 3. Sinisa Mihajlovic souhaite en effet exploiter la faiblesse du Napoli sur les côtés.

Un match de début de saison l'an dernier entre ces deux équipes avait été très interessant tactiquement, car Walter Mazzari avait utilisé un système assymétrique face au 4-2-3-1 de la Fiorentina, Campagnaro montant face à Vargas en situation offensive, et laissant Maggio en charge du péruvien quand le ballon était florentin.

La Fiorentina joue désormais 4-3-3, et c'est sur l'autre flanc que l'attention se porte. Alessio Cerci reste haut et large sur le côté droit, parfois redescendant défendre sur Andrea Dossena, mais toujours en se plaçant dans une position permettant de partir rapidement en contre. Sa présence a l'effet important d'excentrer le nouveau défenseur du Napoli, Fideleff. Ce dernier a fait une erreur en milieu de semaine et parait nerveux sur ce match.

Le point important de ce match n'est pas le score final, ni même la domination d'une équipe ou d'une autre : c'est surtout la manière dont la formation de Naples a été distendue au point de se désintégrer, une chose que peu d'entraineurs ont réussi à faire au cours de l'année passée. Un facteur important dans cette désorganisation – bien que ce ne soit pas le seul – est le fait d'affronter une attaque à 3 utilisant toute la largeur, chose assez rare en Série A.

Fideleff est dans un état tel que Napoli a peur de le laisser en 1 vs 1 face à Cerci, qui a fait un très bon match, démontrant ses qualités de dribbleur et sa vitesse. En conséquence, Dossena doit souvent revenir au marquage de Cerci. Vargas jouant plus bas sur l'autre aile et suivant les mouvements de Juan Zuniga, le Napoli se retouve à 4 vs 2 (Campagnaro, Cannavaro, Fideleff etDossan vs Cerci et Jovetic). Campagnaro pourrait alors monter un peu plus pour réequilibrer la répartition des joueurs sur le terrain, mais les bons déplacements de Stevan Jovetic le font hésiter à quitter la défense.

Tout ceci se produit dans un match de contre-attaques, où la bataille du milieu (donc le nombre de joueurs qui y sont engagés) n'est donc pas déterminante. La Fiorentina profite d'un 3 vs 2 dans cette zone, Marek Hamsik restant assez large, et a dominé la possession de balle en 1ère période. Naples accepte cet état de fait, prêt à contrer, mais rencontre 2 problèmes : (a) La Fiorentina occupe bien le centre du terrain, rendant difficile les remontées de balle par l'axe (b) Les latéraux du Napoli n'ont pas de liberté – Dossena est toujours inquieté par Cerci, et Vargas traque Zuniga – bien que le Colombien réussisse un bon match.

Mazzarri fait deux changements pour mettre le Napoli au commandes. Fideleff ne dure que jusqu'à là 54ème minute remplacé alors par Salvatore Aronica, défenseur côté gauche experimenté qui est efficace dans ce rôle. C'est une illustration de la menace représentée par Cerci. Le remplacement suivant, à la 72ème, est l'aveu de la faillit du système des Napolitains. Goran Pandev remplace Dossena, Aronica se retrouve arrière-gauche, Zuniga arrière-droite et Napoli se retrouve alors en 4-2-3-1 / 4-2-4.

Défensivement, cela répond bien plus facilement au 4-3-3 de la Fiorentina, et le Napoli domine les 25 dernières minutes. Cerci devient peu dangereux et la Fiorentina ne semble plus capable de marquer. Le seul problème est que Zuniga, peut-être le meilleur joueur du Napoli sur ce match, a alors moins de liberté pour monter et apporter de la largeur au jeu. Naples est terriblement de ses latéraux pour écarter le jeu et créer des dédoublements – sans eux, l'équipe semble impuissante.

Pour résumer, Mazzarri fait face à un dilemme sur ce match. Jouer avec le système qui correspond le mieux aux qualités de ses joueurs, ou jouer avec le système qui est le plus logique sur ce match? En général il se débrouille en déplaçant subtilement des joueurs tout en gardant son 3-4-1-2 de base, mais cette fois il a dû passer à une défense à 4. Mihajlovic n'a certes pas remporté le match, mais il a gagné la bataille tactique, d'où son appréciation finalement très postive de la prestation de ces joueurs.

22 septembre 2011

Rubin 2-3 Zenit : Le Zenit remonte 2 buts grâce au Plan B de Spalleti.

Danny marque deux fois pour donner au Zenit St Petersbourg une victoire importante face au Rubin Kazan.
Kurban Berdyev fait quelques changements après la défaite de la semaine précédente face au FC Krasnodar, Obafemi Martins et Nelson Valdez prennent place sur le banc. Ils sont remplacés par Vladimir Dyadyun en avant-centre, et Gokdeniz Karadeniz sur l'aile droite.

Luciano Spalletti change lui aussi largement l'équipe qui s'est effondrée de manière inquiétante contre le Lokomotiv Moscow, 4 nouveaux joueurs intègrent le milieu et la défense, cependant le trio d'attaque reste inchangé.

Ce match peut se décomposer en 3 tiers-temps plutôt qu'en 2 mi-temps : d'abord le Rubin prend un avantage de 2 buts mérité, ensuite le Zenit revient dans le match et inverse même le score, et enfin les 25 dernières minutes consistent en une tentative d'égalisation du Rubin, qui restera finalement vaine.
Première mi-temps

Les deux équipes sont connues pour leur qualités de contre-attaque, ce qui peut mener à une impasse au milieu : aucune équipe n'attaque réellement, de peur d'être prise en contre. Pour le spectacle, la meilleure chose qui puisse arriver alors est un but précoce, qui arrive après 8 minutes sur penalty pour le Rubin.

Le penalty est obtenu après un bon travail sur le côté gauche de Salvatore Bocchetti, bousculé dans le dos par Danko Lazovic. C'est un duel récurrent en 1ère période, le latéral italien forçant Lazovic à descendre bas pour défendre, le Serbe étant au final peu dangereux. Sur l'autre aile, Sergey Kislyak réalise un travail assez similaire, Danny se replaçant lentement et l'ailier droit Alexander Ryazantsev faisant preuve d'intelligence en venant vers l'intérieur pour ouvrir le couloir.

Comme d'habitude, le milieu du Zenit ressemble à un puzzle : les trois milieux axiaux ont la liberté de monter, ce qui peut surprendre les adversaires directs, en particulier le milieu offensif axial du Rubin, Roman Eremenko, qui ne suit pas les adversaires jusque très bas sur le terrain. En résultat Igor Denisov peut venir s'insérer dans l'attaque sans être marqué, laissant en général Konstantin Zyryanov en couverture.

L'avant-centre de Kazan, Vladimir Dyadyun, joue un rôle intéressant, descendant bas, conservant la balle, et forçant Bruno Alves à sortir de se défense. Le défenseur central s'est jeté et a concedé des fautes sur des tacles inutiles, mais le Rubin aurait surtout eu besoin d'un joueur de profondeur pour exploiter l'espace ainsi créer dans le dos du Portugais. Eremenko reste en périphérie de la défense, et au final le Rubin n'a pas été très menaçant en contre. Ils s'illustrent mieux en construisant le jeu par étapes en utilisant les latéraux, même si cela les ouvre aux contres du Zenit.

Deuxième mi-temps

Après avoir marqué pour revenir à 2-1, Spalletti fait un remplacement à la mi-temps et lance son Plan B. Ce Plan B est personnifié par l'ancien buteur du Rubin, Aleksandr Bukharov, qui est entré en tant qu'attaquant axial, Aleksandr Kerzhakov se déplaçant sur les côtés, souvent à droite. L'approche du Zenit est complètement différente de celle de la 1ère mi-temps : ils jouent plus long et sollicitent le jeu de tête de Kerzhakov. On peut supposer que Spaletti a anticipé un repli défensif bas du Rubin pour conserver le score, ce repli ne permettant alors plus au Zenit de compter sur des opportunités de contre.

Kerzhakov est d'ailleurs à l'origine de l'égalisation, bien que ce soit en utilisant sa puissance sur l'aile et non dans le jeu aérien. A 2-2, le Rubin semble détruit tactiquement : l'équipe monte en attaque, mais peine à se replacer ensuite, chose que l'équipe de Berdyev fait normalement très bien. Une superbe transition du Zenit voit alors Alvers gagner la balle, jouer devant pour Danny qui joue un une-deux avec Kerzhakov pour prendre ensuite l'espace. Kerzhakov avait auparavant attiré Cesar Navas en dehors de sa défense, libérant l'espace pour un nouveau une-deux avec Danny, qui marque dans le but vide. Un contre parfait, et un joli but.

Conclusion

Comment cette rencontre a pu être si ouverte? Ce 2-3 suit deux matchs nuls 2-2, ce qui semble incohérent quand pour des confrontations entre équipes de contre. Les scores de 2009 – deux fois 0-0 – y semblent plus conformes.

L'ouverture du score survenant dans les 20 premières minutes de chaque match aide, mais peut-être que ces deux équipes ne sont pas aussi dépendantes des contres que ce que l'on croyait. Les deux buts du Rubin ont été marqué face à une défense présente en quantité, et le Zenit lui-même a utilisé un joueur de fixation à l'avant.

Le joueur clé, et aussi le meilleur sur le terrain, est Danny. Il prend systématiquement les bonnes décisions quand il reçoit le ballon. Il a semblé plus à l'aise après l'entrée de Bukharov, un joueur capable de jouer des une-deux et de trouver de l'espace dans la défense adverse.

20 septembre 2011

PSV 2-2 Ajax : le PSV presse, l'Ajax s'accroche

Le PSV a pris deux fois l'avantage en exploitant une faiblesse évidente de la défense Ajacide, mais l'équipe visiteuse réussit à prendre un point.

Fred Rutton fait deux changements par rapport au dernier match de championnat du PSV. Wilfred Bouma et Zakaria Labyad sortent, Timothy Derijck et Tim Matavz les remplacent.

Frank de Boer est privé de Miralem Sulejmani et choisit d'intégrer Vurnon Anita dans l'équipe, comme milieu défensif.

Le match a été ouvert et agréable à suivre, en grande partie grâce à deux milieux tournés vers l'attaque, plus concentrés sur la création d'offensives que sur la récupération.

Le PSV démarre fort

Pendant les premières minutes, l'attitude des deux équipes sans la balle est très différente : le PSV presse fortement dés le coup d'envoi, s'appropriant la balle et le contrôle du jeu. L'Ajax se contente d'attendre dans sa moitié de terrain, avec une approche étonnamment passive.

Le premier but résulte directement de ce pressing : l'Ajax est haut sur le terrain quand Gregory Van der Wiel perd la balle, et un enchainement de passes propres du PSV sur le côté gauche débouche sur la bonne finition du slovène Tim Matavz. La lutte dans cette zone -la défense droite de l'Ajax- sera une clé du match.

Bataille du milieu

Le pressing du PSV s'eteint rapidement, et le jeu se résume alors à une bataille au milieu de terrain sans grand relief, basée sur le mouvement plutôt que sur les tacles et les duels. Les deux milieux offensifs du PSV, Ola Toivonen et Georgino Wijnaldum, montre de moins en moins de volonté de défendre à mesure que le match avance, et il est surprenant que Theo Janssen n'ait pas gagné d'influence par des courses vers l'avant depuis sa position centrale.

Il y a une certaine confusion dans le jeu de l'Ajax sur le côté droit. Cristian Eriksen joue comme un ailier recentré, attiré par le milieu, alors que Siem de Jong se déploie vers l'avant depuis la droite du triangle axial. De plus, Van der Wiel tente de monter pour dédoubler, et il y a probablement une intention de l'Ajax de construire un triangle sur ce flanc pour submerger le PSV : cela n'a pas fonctionné, et le seul résultat est d'ouvrir le côté aux contres adverses, menés par Erik Pieters et Dries Mertens.

L'Ajax monte en intensité

La blessure du gardien d'Eindhoven Przemysław Tytoń, qui arrête le match pendant 15 minutes en fin de 1ère mi-temps, est un facteur clé. La dynamique du PSV est cassée, et après cet arrêt l'Ajax se regroupe et commence à presser. Ils jouent dans le camp du PSV et parviennent à égaliser par Kolbeinn Sigþórsson : après toutes leurs tentatives de constructions complexes, c'est un l'engagement total de Sigþórsson qui leur permet de trouver les filets.

le PSV reprend ses esprits après la pause et reprend son pressing, et il est tentant de penser que le retour à un score de parité convient plus à leur style de jeu naturel, en particulier au milieu. Ils sont alors bien plus positifs et créent de beaux mouvements sur la gauche. C'est dans cette période de Van der Wiel est très exposé : il finit par commettre un tacle irréfléchi sur Mertens qui offre le pénalty du 2-1, et se trouve trop haut sur le terrain sur une occasion que Mertens gâche en un contre un face au gardien.

Fin de match

Van der Wiel compense partiellement sa mauvaise prestation défensive par un beau débordement qui amène l'égalisation. A ce moment, Frank de Boer avait introduit le puissant Dmitri Bulykin à la place de Sigþórsson, et cela a poussé l'Ajax a un jeu plus direct – Bulykin marquant sur la balle de Van der wiel.

Les dernières minutes sont excitantes mais pas enthousiasmantes : les deux équipes sont usées, et bien que les milieux aient quasiment abandonné les tâches défensives, on a l'impression que les deux entraineurs se satisfont du match nul.

Conclusion

Il y a souvent un fond tactique intéressant dans les matchs d'Eredivisie : ils sont rarement remportés sur un changement de formation, mais les matchs passent par plusieurs phases bien distinctes, souvent liés au fait qu'une équipe presse ou non. C'est le cas dans ce match, particulièrement en 1ère mi-temps, les deux équipes étant au mieux au moment où elles ont pressé.

Finalement, c'est une bataille entre deux équipes qui ne sont pas construites pour s'affronter : elles sont bâties pour battre nettement des petites équipes. Chacune veut dominer la possession, amener tranquillement la balle au milieu, et construire des attaques intelligentes, alors qu'une organisation plus adaptée à l'adversaire du jour n'aurait pas été de trop. Cependant, il s'agit d'un bon match de football, et le tableau d'affichage - le PSV fait la course en tête, et l'Ajax tente surtout de revenir - résume bien le match.

Napoli 3-1 Milan : des contres et un hat-trick de Cavani

Le spécialiste des hat-tricks Edinson Cavani en réussit un nouveau, dans un match où le Napoli a confirmé son potentiel pour le titre.

Walter Mazzarri fait jouer son meilleur XI : par rapport au match nul face à Manchester City, seul Dossena fait son entrée à la place de Juan Zuniga.

Allegri a pour sa part un problème de blessures, illustré par un banc extrêmement inexperimenté. Daniele Bonera prend l'aile gauche de la défense et Antonio Cassano est associé à Pato devant.

Milan prend l'avantage grâce à une superbe tête d'Alberto Aquilani, mais le resumé du match pourrait être celui-ci : Milan a la possession, se retrouve à court d'idées dans le dernier tiers du terrain adverse, Naples récupère la balle, contre-attaque rapidement, et marque.






Formations

La formation apparentée au 3-4-3 du Napoli produit en général des matchs interessants face à d'autres schémas, et c'est fascinant de le voir opposé à un milieu en losange. A chaque extremité du terrain, il n'y a pas de probmème particulier : Napoli défend à 3 contre 2 et Milan à 4 contre 3. Aucun problème apparent. Au milieu, cependant, c'est beaucoup plus interessant, avec une bataille entre les milieux excentrés du Milan qui sont d'abord resserrés, puis se déploient vers l'avant pour apporter du surnombre, et les latéraux offensifs du Napoli.

On peut dire que les latéraux Napolitains ont alors un travail similaire à celui qu'ils ont produit face à City en milieu de semaine : se rapprocher de leurs centraux, loin de leur position naturelle sur le flanc. Ils ont quand même des problèmes quand les milieu Milanais font des courses extrêmement axiales : Clarence Seedorf trouve alors plusieurs fois de l'espace à l'entrée de la surface.

Napoli en contre
Tout aussi interessant, quand Naples récupère la balle, les milieux Milanais ne savent alors plus comment réagir. Dans un 4-3-1-2 le milieu en losange reste généralement compact, et coulisse sur le terrain. Mais à cause des attaques très directes du Napolo, on peut rarement voir un mouvement latéral du losange : Seedorf et Nocerino doivent seulement sprinter vers l'arrière, souvent très bas et sur le côté, la formation Milanaise étant alors détruite.

De plus, Mark Van Bommel ne sait pas trop quoi faire de lui-même. Il n'a pas d'opposant direct sur lequel défendre, et sans la balle il ne réussit pas à arrêter les contres du Napoli, comme quand Gargano l'élimine pour sur second but de Cavani. Il a même des problèmes pour distribuer le jeu, souffrant du manque de liberté de ses latéraux.

Possession de balle Milanaise

Ces latéraux auraient pu en faire plus sur les phases offensives, mais Bonera est "trop droitier" pour jouer sur la gauche et il est remplacé sans surprise par Antonini en 2ème mi-temps. Milan craint les contres, mais ils aurait pu prendre le risque de faire confiance à leurs défenseurs centraux, soutenus par un milieu défensif, au moment où ils tentaient de revenir au score.

Napoli ne cherche pas à presser (à l'exception d'une brève séquence au début du 2ème acte) : ils acceptent de subir la pression adverse, gagner la balle en position défensive, puis contrer. Ils étaient déjà une équipe de contre l'an dernier, mais semblent en être une version exagerée en 2011-2012.

Milan est extrêmement mauvais dans le dernier tiers sur ce match. C'est une surprise de voir Cassano à droite et Pato à gauche : le premier aime rôder sur l'aile gauche, et le second a parfois été aligné comme un attaquant droit... mais ce n'est pas leur problème principal. Leur jeu de passe est trop lent, leur jeu trop étroit et trop facile à entraver. A l'exception de sa tête, Aquilani est decevant sur ce match, il n'est probablement pas un trequartista. Il est bien meilleur technicien que Kevin-Prince Boateng, mais au moins ce dernier donne de l'allant aux attaques.

Les nombreux changements en fin de matchs ne changent rien au jeu, Napoli ayant déjà tué le match. Urby Emanuelson est entré pour Van Bommel, Seedorf prenant le rôle de milieu défensif, et Blerim Dzemaili a pris la place d'Hamsik, jouant un peu plus bas et permettant à Naples de constituer un 3-5-2 sans le ballon. Les formations importent peu à ce moment du match : Napoli met alors beaucoup de joueurs derrière la balle et défend bas, Milan étant loin de montrer la créativité suffisante pour les transpercer.

Conclusion
Mazzarri remporte cette bataille : Napoli a été excellent en contre, les latéraux et Gargano passant rapidement de la défense à l'attaque, la présence de Gokhan Inler les rend plus agressifs au centre du terrain, même si la discipline de Michele Pazienza pourrait leur manquer plus tard dans la saison.

La défaite Milanaise rappelle énormément celle subie à Cesena la saison dernière. A l'époque, il semblait qu'ils ne pourraient pas remporter la Série A avec une formation si axiale et peu d'activitié de la part des latéraux, mais ils l'ont fait : il n'y a donc pas de raison d'être particulièrement pessimiste après cette défaite.

15 septembre 2011

Villareal 0-2 Bayern : Garrido choisit le 4-3-1-2 et Villareal passe à côté du match

 
Victoire facile pour le Bayern en Espagne, avec un but par mi-temps et une belle prestation défensive.

Privé de Borja Valero, Garrido surprend en laissant Cani et Camuñas sur le banc pour placer Jonathan de Guzman derrière les deux attaquants.

Jupp Heynckes aligne lui l'habituel 4-2-3-1 du Bayern. Il fait entrer Daniel Van Buyten dans la ligne défensive, mais le Belge sort sur blessure au milieu de la 1ère période, Rafinha entre alors, Boateng passe dans l'axe et Munich réutilise donc la défense victorieuse 7-0 de Fribourg lors du match précédent. Anatoly Tymoschuk remplace lui Luiz Gustavo au centre du milieu de terrain.

Le début de saison de Villaréal a été délicat, mais le Bayern a quand même de quoi être surpris par la facilité de leur tâche. L'équipe visiteuse a eu de nombreuses occasions, avec la plupart du temps Kroos ou Petersen (entré à la place de Gomez) à la finition. Villareal a pour sa part eu une possession inhabituellement faible, et a créé peu d'opportunités.

Comparaison des formations

4-3-1-2 contre 4-2-3-1, donc, mais où le 4-3-1-2 n'a pas permis de dominer la possession, domaine où cette formation avait pourtant un avantage (en se basant sur le nombre de joueurs présents au centre du terrain). Comment le Bayern a pu si bien garder la balle? Premièrement, leurs latéraux sont souvent libres, et deuxièmement, Schweinsteiger et Tymoschuk ont effectué un gros travail pour se rendre disponibles au milieu.

Villareal a tenté de bloquer les latéraux en faisant défendre Rossi et Nilmar sur les côtés, mais cela n'a pas perturbé le Bayern car l'équipe espagnole joue trop bas, ne presse pas, laissant de l'espace aux milieux défensifs et aux défenseurs centraux. Le repli latéral de Rossi et Nilmar a quand même empêché les montées des latéraux, donc Villareal n'a pas subit trop de 2 contre 1 sur les ailes comme ce fut le cas de la Roma quand ils tentèrent un 4-3-1-2 face au Bayern l'an dernier.

4-3-1-2?

On peut se poser des questions sur le choix de formation de Garrido. D'abord, cela n'offre aucune protection aux latéraux face aux ailiers du Bayern. Si Garrido avait fait ses devoirs, il aurait su que Munich travaillé énormément sur le côté gauche cette saison (en Bundesliga, 42% de leurs passes sont à gauche, contre 29% par le centre et à droite), et Mario Gaspar a dû s'employer face à Franck Ribéry.

C'est peut-être pour cela qu'il a utilisé Marchena sur le côté droit, mais il n'est pas assez mobile pour dézoner et aider Mario. Ribéry a été excellent, créant un but pour Kroos après moins de 10 minutes, d'un joli centre en retrait à la sortie d'un driblle sur Mario.

Pas de liant

Le plus gros problème de Villareal est qu'il n'y a pas de liaison avec les deux attaquants.
The bigger problem was that Villarreal had no link to the front two. De Guzman faisait son premier match avec Villarreal – cela semble étrange de le lancer sur un match si important, surtout avec Cani sur le banc Il semble donc vite évident que Villareal va avoir du mal à se procurer des occasions, et bien que cela aurait été très rapide, ça n'aurait pas été totalement déraisonnable de faire rentrer Cani aussitôt après l'ouverture du score. Trois milieux défensif quand on est mené 1-0 ne peut pas être envisageable.

Villareal se retrouve même à envoyer de long ballons aériens sur Rossi et Nilmar, une approche grotesque, bien que Rossi ait eu une belle occasion en prenant Van Buyten de vitesse. La blessure du belge a probablement aidé le Bayer, Boateng est en effet plus rapide que lui et donc plus à même de répondre à la vitesse de Rossi.

Changements

Cani remplace Senna à la mi-temps mais la formation de Villareal reste la même : en fait il faut attendre la 72ème minute et l'entrée de Camuñas pour De Guzman pour que Villareal retrouve son 4-4-2/4-2-2-2. A ce moment du match, Nilmar avait été remplacé par Marco Ruben, un signe que Villareal jouerait un jeu plus direct de toute façon. Une confusion apparente règne alors, et Villareal ne donne jamais l'impression de pouvoir revenir dans le match.

Le Bayern a en fait encore plus la possession dans le deuxième acte, et leur prestation est un superbe exemple de gestion du score : ils ne sont pas restés en défense, préférant garder le ballon, l'utiliser intelligemment, et finalement sortir pour inscrire un deuxième but, par Rafinha. Heynckes n'a rien eu à changer, c'est une victoire tranquille.

Conclusion
Un match fade et décevant. La formation de Garrido ne convient pas à son équipe : elle laisse les latéraux vulnérables, rend le jeu de passe trop prévisible, et demande bien trop au débutant autour duquel l'équipe est construite. Rossi et Nilmar ont bien combiné quand ils ont eu la balle, mais ce n'était que trop rare.

Le Bayern a bien conservé la balle et s'est créé de nombreuses occasions. En termes de tactique, le fait que les latéraux montent peu a privé Rossi et Nilmar d'espaces sur les ailes, et les duels importants ont été déplacés a d'autres endroits du terrain.

11 septembre 2011

Milan 2-2 Lazio : danger sur les ailes

Le match d'ouverture de la Serie A cette saison a été excellent, avec 4 buts marqués dans 35 premières minutes folles.

Max Allegri continue dans son 4-3-1-2 avec Antonio Cassano légèrement en retrait par rapport à Zlatan Ibrahimovic, sur le front de l'attaque.

Edy Reja aligne lui ses deux nouveaux attaquants, Miroslav Klose et Djibril Cissé, le français jouant écarté sur l'aile gauche. C'est une configuration similaire au 4-2-3-1 dissymétrique utilisé la saison dernière.

Le principal intérêt tactique repose dans l'évidente vulnérabilité de chaque équipe sur certaines positions, qui s'est matérialisée dans les faits, et qui est finalement la même pour les deux équipes, malgré la différence de formation.








Des défenses basses


Tout d'abord, le jeu a été rapidement très étiré, les deux défenses se positionnant bas, libérant ainsi de grands espaces au milieu. Il n'y a presque pas de pressing sur le porteur du ballon et les milieux ont tout le temps et l'espace pour faire leurs choix, la seule exception étant Hernanes, coincé au milieu du losange de Milan, et qui n'a pas été très influent sur le match. Avec 7 joueurs mobilisés dans l'axe du milieu, il apparait alors systématiquement que des opportunités existent sur les ailes. Aucune des équipes n'a d'ailier traditionnel, Milan n'a que des axiaux et la Lazio utilise Mauri dans un rôle assez central et Cissé comme un attaquant de soutien, donc la menace ne peut venir que des arrières latéraux.


Le jeu est, comme on l'a dit, très étiré dés le début du match : les latéraux ont donc un grand espace dans lequel s'engager. Le côté négatif, néanmoins, et la grande distance qu'ils sont forcés à couvrir avant d'arriver en position offensive, et en cas de perte de balle, l'effort important pour venir se replacer en défense.

Ensuite, on peut noter qu'aucun des latéraux n'a reçu de soutien important des autres joueurs, à l'exception d'Ignazio Abate, couvert par Rino Gattuso puis par Max Ambrosini quand Gattuso est sorti (Van Bommel prenant alors le poste de 6). En conséquence, en attaquant, ils créent des surnombres face à leur vis-à-vis, mais manquaient de couverture.


Les deux zones clés : Abate et Boateng créant des 2 contre 1 face à Zauri (orange), et en face Konko et Mauri faisant de même sur le côté d'Antonini (violet). Cissé et Cassano tentent tous deux de tirer parti de l'espace laissé par le latéral qui est monté.

Jeu des latéraux

Le 4-2-3-1 offre en général une bonne protection des latéraux : le 4-2-3-1 de Benitez par exemple, ressemblait à un 4-4-1-1 ou un 4-4-2 sans le ballon, les deux joueurs d'aile venant former une ligne défensive de 4 joueurs. Reja n'hésite par contre pas à laisser les ailiers revenir en trottinant vers leur position défensive, ce qui force la Lazio défend fréquemment avec seulement 6 joueurs.

Rapidement, le joueur le plus important devient Abdoulay Konko. Il a la liberté de monter et de dédoubler avec Mauri, donnant une solution pour sortir la balle à chaque fois qu'Aquilani vient trop dans l'axe. Il peut alors jouer des 2 contre 1 avec Mauri face à Antonini. Ces situations de surnombre ont apporté un centre dangereux en début de match, et ont permis plus tard à Mauri de trouver un espace pour centrer sur la tête de Cissé.

Sur l'autre flanc, la même chose se produit. Cissé montre peu d'intérêt pour le travail défensif, et Abate peut alors le laisser à Nesta pour monter, disposant de tout le flanc, Zauri restant bas. Contrairement à la Lazio, cependant, Milan n'a pas de vrai joueur écarté, et ce n'est que quand K-P Boateng est venu sur le côté que des 2 contre 1 ont été créés. Les surnombres de Milan n'ont donc pas été aussi utiles que ceux de la Lazio

La contre-partie aux montées de Konko et Abate, est l'espace libre laissé dans leur dos à Cassano et à Cissé. Cassano a très bien manoeuvré Konko tout au long du match, l'attirant près de la ligne tôt dans le match pour laisser un espace pour l'occasion d'Aquilani, puis plus tard dans le match il s'est surtout essayé à recevoir des ballons depuis une position sur la gauche, comme il le faisait très bien avec la Sampdoria. L'exemple le plus évident apparait à la 47ème minute, quand un long ballon d'Ibrahimovic arrive dans les pieds de Cassano, qui repique au centre et frappe juste à côté du 2ème poteau.

Au fur et à mesure que le match avance, Cissé ressemble de plus en plus à un 2ème attaquant, au point que Reja semble avoir déplacé Hernanes sur la gauche pour permettre à Cissé d'étirer la défense centrale-gauche milanaise.

Au-delà de cette bataille tactique spécifique, les 4 buts et les nombreuses occasions de la 1ère mi-temps ont poussé inévitablement les deux entraineurs à plus de prudence, ce qui a donné une 2nde période plus tendue. Il y a alors moins de courses vers l'avant des latéraux et du coup moins d'espaces dans les deux défenses, bien que Milan aurait dû marquer un 3ème but.

Conclusion

Une très intéressante bataille tactique qui semble peu impactée par les formations utilisées, bien que le fait que la Lazio ait un peu plus de largeur leur a permis de créer des dédoublements plus facilement.

Les deux équipes semblent cependant facilement mises en danger : Milan est toujours vulnérable dans la profondeur, le problème majeur des équipes italiennes en C1, tandis que Cissé et Mauri ne peuvent se permettre de défendre aussi peu. Une équipe ayant un bon spécialiste du poste d'ailier droit aurait remporté ce match